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Bolivie la route qui nourrit deux millions de personnes est dégagée

Après plus d un mois de blocus l armée et la police ont rouvert un axe vital pour La Paz et El Alto. Le président Rodrigo Paz accuse l ancien chef d Etat…

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Bolivie la route qui nourrit deux millions de personnes est dégagée

Après plus d un mois de blocus l armée et la police ont rouvert un axe vital pour La Paz et El Alto. Le président Rodrigo Paz accuse l ancien chef d Etat Evo Morales et veut décréter l état d exception.

La police et l armée boliviennes sont intervenues ce vendredi pour lever un barrage qui paralysait l approvisionnement de La Paz et de sa banlieue géante El Alto. Cette route stratégique au sud de la capitale était bloquée par des débris depuis des semaines, asphyxiant deux des plus grandes villes du pays. Avant cette réouverture, des centaines d habitants devaient marcher des kilomètres à pied pour trouver des légumes et d autres produits de première nécessité auprès des communautés agricoles de Lipari et Rio Abajo. La pénurie touche aussi le carburant et les médicaments dans plusieurs régions.

Le président, au pouvoir depuis seulement six mois, s apprête à franchir un cap en demandant au Parlement l autorisation de décréter l état d exception. Cette mesure lui donnerait les moyens d utiliser l armée plus largement pour briser les barrages routiers, alors qu une centaine d axes sont toujours coupés dans tout le pays. Sur place après l opération, Rodrigo Paz a répété son appel au dialogue tout en pointant du doigt l ancien président de gauche Evo Morales. Il l accuse de financer les manifestations avec de l argent issu du narcotrafic, dans le Chapare, bastion des producteurs de coca. « Il utilise le peuple comme un marchepied pour se défendre de ses problèmes judiciaires », a-t-il lancé, en référence au mandat d arrêt visant Morales pour une affaire présumée de traite de mineure.

Les États Unis ont apporté leur soutien au gouvernement bolivien. Le secrétaire américain à la Défense a prévenu sur X que le pays ne devait pas laisser revenir un « statu quo de domination narco-terroriste ». Une déclaration qui a fait bondir Evo Morales. Il a répondu que Washington utilisait ce discours pour stigmatiser la contestation sociale et discréditer des revendications pourtant légitimes. Depuis plus d un mois, paysans, ouvriers, mineurs, transporteurs et enseignants font pression sur l exécutif. La crise économique, la pire en quarante ans, les pousse à réclamer la démission du président. La route est rouverte, mais la colère elle ne s est pas envolée.

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