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Barbara Butch porte plainte après le chaos de son concert

La DJ et figure LGBTQ+ a annoncé jeudi le dépôt de plusieurs plaintes, visant notamment La France insoumise et l’essayiste Alain Soral. Elle dénonce des…

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Barbara Butch porte plainte après le chaos de son concert

La DJ et figure LGBTQ+ a annoncé jeudi le dépôt de plusieurs plaintes, visant notamment La France insoumise et l’essayiste Alain Soral. Elle dénonce des violences et une entrave à sa liberté artistique après l’interruption de son show à Grenoble samedi dernier.

Cinq jours après l’incident, Barbara Butch passe à l’offensive judiciaire. Son avocate Audrey Msellati a confirmé à l’AFP que des plaintes seraient déposées à Grenoble et Paris. Les cibles sont multiples. Le mouvement La France insoumise, certains de ses élus et représentants locaux sont directement visés. Tout comme le média d’extrême droite Omerta et l’essayiste Alain Soral. Les faits reprochés sont lourds provocation publique à la haine et à la violence, violences aggravées, entrave à la liberté de création artistique, cyberharcèlement aggravé, diffamation et injure publiques aggravées. Tous ces chefs ne s’appliqueront pas à chaque personne visée, a précisé l’avocate. Mais l’objectif est clair faire reconnaître la gravité de ce qui s’est passé.

Le samedi soir en question, le concert de la DJ de 45 ans n’a duré qu’une vingtaine de minutes. Des militants propalestiniens et proches de LFI ont interrompu la performance, répondant à un appel au boycott lancé par des Insoumis locaux. Barbara Butch raconte avoir subi « beaucoup de violences verbales » et reçu « des projectiles sur la scène, sur les platines ». Elle parle d’une « violence inouïe ». En cause, sa participation en 2025 à un événement chez l’ambassadeur de France en Israël et sa signature d’une tribune contre l’antisémitisme. Des actes que ses détracteurs lui reprochent. Mais pour son avocate, « la liberté de critiquer n’emporte pas celle d’empêcher autrui de travailler ». Me Msellati ajoute que « la haine n’a pas de couleur politique ». Le parquet de Grenoble a déjà ouvert une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés ». De son côté, la direction de LFI n’a pas commenté. Mais Mathilde Panot, cheffe des députés Insoumis, a reconnu mercredi que le tract distribué était « mauvais ». Elle a condamné les insultes et jets de projectiles, tout en niant tout antisémitisme dans les rangs de son mouvement.

Ce n’est pas la première fois que Barbara Butch est ciblée. Après la cérémonie d’ouverture des JO 2024 à Paris, elle avait déjà subi une vague de haine mêlant grossophobie, lesbophobie et antisémitisme. Cette fois, elle a reçu le soutien de plus de 300 personnalités, dont Alain Chabat et Géraldine Nakache, qui ont signé une tribune dans Libération. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, l’a reçue mercredi et lui a promis de protéger son « intégrité ». Et l’artiste ne compte pas s’arrêter. Elle se projette déjà vers sa prochaine performance samedi dans l’Yonne. « Bien sûr que j’y vais. J’y vais la tête haute », a-t-elle lancé. Son objectif « rétablir un dancefloor où les gens se mélangent, les gens s’aiment, les gens se rencontrent ». Le maire d’Annecy, Antoine Armand, l’a même invitée à se produire dans sa ville et a appelé ses collègues à faire de même. Barbara Butch veut transformer cette épreuve en combat pour la liberté artistique.

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