Faits Divers
Le Louvre rouvre sa galerie d’Apollon vidée de ses joyaux
Neuf mois après un cambriolage qui a stupéfié le monde, la célèbre galerie a rouvert sans aucun objet exposé. L’invitation est claire : lever les yeux…


Neuf mois après un cambriolage qui a stupéfié le monde, la célèbre galerie a rouvert sans aucun objet exposé. L’invitation est claire : lever les yeux pour admirer les plafonds et les décors du XVIIe siècle.
Mercredi matin, les deux grandes portes dorées de la galerie d’Apollon se sont ouvertes devant un flot de visiteurs. Parmi eux, Alison Leslie, policière à la retraite venue spécialement d’Édimbourg. Elle retrouve sa salle préférée, magnifique comme dans ses souvenirs, mais totalement vide. Sous ses pas, un parquet aux motifs géométriques. Au-dessus, peintures et dorures couvrent murs et plafond. Au fond, une grille bloque désormais l’accès au balcon par lequel les cambrioleurs sont entrés le 19 octobre 2025. En quelques minutes, huit joyaux de la Couronne de France avaient disparu, dont le diadème de l’impératrice Eugénie, retrouvé plus tard très endommagé. Le préjudice est estimé à 88 millions d’euros.
Ce vol spectaculaire a mis en lumière de graves failles de sécurité. Le système de vidéosurveillance du musée le plus visité au monde, avec neuf millions de visiteurs en 2025, était obsolète. L’affaire a aussi provoqué une crise interne : des manifestations du personnel et la démission de la présidente du Louvre, Laurence des Cars. Les suspects ont été arrêtés, mais les objets volés restent introuvables. Les bijoux qui avaient échappé au pillage ont été retirés de la galerie. Pour de nombreux habitués, comme Gilda Valorc, 64 ans, le constat est dur. Elle est venue tôt pour voir de ses yeux la disparition des bijoux, à laquelle elle peinait à croire. Elle espère secrètement qu’un jour, comme la Joconde volée en 1911, ces trésors retrouveront leur place.
Le directeur du Louvre, Christophe Leribault, assume ce vide. Il rappelle qu’à l’origine, au XVIIe siècle, cette galerie n’abritait que quelques meubles et des tapis. Elle était un lieu de déambulation. Selon lui, c’est l’occasion de redécouvrir son architecture et son décor, qu’il compare à la galerie des Glaces de Versailles. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, abonde : les visiteurs ne levaient pas toujours les yeux, trop attirés par les joyaux de la Couronne. Dans les mois à venir, les gemmes qui étaient exposées dans la galerie d’Apollon seront réinstallées dans l’aile Richelieu, dans des vitrines du Second Empire. Quant aux joyaux de la Couronne, une salle de haute sécurité devra être construite avant leur réexposition. En attendant, la galerie vide offre une promenade inédite, un nouveau chapitre de son histoire.
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