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Attal en Aveyron : une déclaration de candidature sur fond de transhumance

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L’ancien Premier ministre officialisera sa candidature à l’élection présidentielle ce week-end dans l’Aveyron, un territoire rural choisi pour incarner une rupture avec l’image parisienne du macronisme.

Gabriel Attal s’apprête à franchir le pas. L’ancien Premier ministre, actuel secrétaire général de Renaissance, doit annoncer sa candidature à l’Élysée vendredi lors d’un déplacement dans l’Aveyron. Ce choix géographique, loin de son fief des Hauts-de-Seine et des ors de la capitale, est une manœuvre soigneusement orchestrée. L’objectif est clair : se présenter en homme de terrain, proche des réalités rurales, alors que son parcours parisien et son appartenance au macronisme lui valent souvent des accusations de déconnexion.

Le programme de ces deux jours est dense. Il prévoit une visite à Rodez, dont le député Renaissance Stéphane Mazars a conquis la mairie, puis un passage par Mur-de-Barrez, petite commune d’environ sept cents habitants. La déclaration officielle devrait intervenir en milieu de journée. Le lendemain, il se rendra dans l’Aubrac, à l’occasion du week-end de transhumance des troupeaux, une mise en scène qui n’est pas sans rappeler ses tentatives passées d’apaiser la colère agricole, lorsqu’il était locataire de Matignon.

Cette stratégie de communication, souvent louée ou raillée, vise à rompre avec les formats solennels habituels des annonces élyséennes. L’entourage du candidat évoque une inspiration chiraquienne, celle de 1995, où Jacques Chirac avait su incarner l’outsider face au favori. Un parallèle que revendique également Édouard Philippe, son principal concurrent au sein du bloc central. Pour les soutiens de Gabriel Attal, le maire du Havre incarnerait un attentisme comparable à celui d’Édouard Balladur à l’époque.

Ce déplacement s’inscrit dans une campagne déjà bien rodée. Depuis son élection à la tête de Renaissance en décembre 2024, acquise contre l’avis d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal a multiplié les meetings baptisés « Nuits de la Nouvelle République » à travers la France. Il a également recueilli le soutien de cinq cents élus locaux et verrouillé son parti, sa principale opposante interne, Élisabeth Borne, ayant choisi de se retirer. Un grand rassemblement est d’ores et déjà programmé le 30 mai à Paris, Porte de Versailles.

La rivalité avec Édouard Philippe reste cependant ouverte. Ce dernier, qui tiendra un meeting le 5 juillet et ne dévoilera son programme qu’à l’automne, a vu son camp ironiser sur la théâtralisation de la candidature de Gabriel Attal. Les deux hommes ont laissé entendre qu’ils pourraient se retirer début 2027 si l’un d’eux s’imposait nettement. Mais pour l’heure, aucun des deux ne semble prêt à céder du terrain.

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