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À Saint-Denis, un service pionnier apaise les crises psy en 72 heures

Dans un hôpital de Seine-Saint-Denis, des patients en pleine urgence psychiatrique trouvent un espace de silence et de soins. Objectif, désamorcer la…

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À Saint-Denis, un service pionnier apaise les crises psy en 72 heures

Dans un hôpital de Seine-Saint-Denis, des patients en pleine urgence psychiatrique trouvent un espace de silence et de soins. Objectif, désamorcer la crise et éviter l’hospitalisation quand elle n’est pas indispensable

Derrière le tumulte des urgences générales, le calme agit comme un baume. Au Centre renforcé d’urgences psychiatriques de l’hôpital Delafontaine, les patients en pleine tempête intérieure découvrent un long couloir blanc percé de puits de lumière, des chambres claires et parquetées, des voix posées. Ce service, ouvert fin 2023 dans le département le plus jeune et le plus pauvre de France, répond à un besoin immense. Ici, la psychiatrie manque cruellement de moyens, mais elle tente de réinventer sa manière de soigner.

Le principe tient en quelques heures. Les patients, dès 16 ans, arrivent souvent dans un état de grande agitation ou de confusion. Ils restent entre 24 et 72 heures, le temps d’être évalués, traités, réorientés, et de renouer le contact avec leur famille et leurs soignants. L’idée est de faire retomber la pression avant de décider de la suite. Pour beaucoup, un retour à domicile bien préparé devient possible. Pour d’autres, une hospitalisation dans une unité de secteur reste nécessaire. Un sas de décompression, tout simplement.

La philosophie du lieu se traduit par des gestes concrets. La contention est réservée au dernier recours, les soignants formés à la prévention du suicide privilégient le dialogue. Ainsi, un jeune homme de 20 ans submergé par des idées suicidaires confie se sentir jugé dès qu’il met les pieds dehors. Le psychiatre le rassure, lui explique qu’il n’est pas fou, et appelle sa mère pour organiser une sortie. D’autres patients plus marqués sont suivis avec une attention particulière pour le corps autant que pour la tête, afin de ne pas laisser passer une cause organique derrière une décompensation.

Les résultats parlent déjà. Sur plus de 3 100 patients accueillis depuis l’ouverture, un quart est rentré directement chez lui. Avant ce centre, les mêmes personnes risquaient de longues heures d’attente aux urgences générales, parfois attachées sur un brancard dans une souffrance qui ne faisait qu’empirer. Des journées de frustration existent encore lorsque les lits manquent, mais un second centre est déjà en préparation à l’hôpital Avicenne de Bobigny. De quoi redonner un peu d’espoir à une psychiatrie française asphyxiée, qui attend un sursaut.

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