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À Paris, des centaines de nuits à la belle étoile pour fuir la canicule

Sous une chaleur record, le parc des Buttes-Chaumont est devenu un refuge nocturne pour des centaines de Parisiens. Entre soulagement et craintes de…

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À Paris, des centaines de nuits à la belle étoile pour fuir la canicule

Sous une chaleur record, le parc des Buttes-Chaumont est devenu un refuge nocturne pour des centaines de Parisiens. Entre soulagement et craintes de sécurité, ils témoignent de cette expérience inédite.

Mercredi soir, alors que la capitale suffoquait sous des températures proches de 40°C, le parc des Buttes-Chaumont a ouvert ses portes toute la nuit. Une décision rare, presque surréaliste, qui a attiré des centaines d’habitants en quête d’un peu d’air respirable. L’herbe est devenue un salon, les arbres un toit, et l’atmosphère y est calme, presque paisible. Certains sirotent une bière entre amis, d’autres lisent un roman à la lueur d’un téléphone. Agathe, artiste peintre de 28 ans, a troqué son canapé contre un coin d’herbe. « La différence de température entre la rue et ici, sous les arbres, c’est incroyable », confie-t-elle, la tête posée sur son sac et les écouteurs vissés aux oreilles. Chez elle, le thermomètre n’est pas descendu sous les 30°C depuis plusieurs jours. Alors, elle reste le plus tard possible, même si seule, elle n’ose pas dormir jusqu’au matin.

Nadia et Thomas, un couple d’ingénieurs, ont eux aussi fui leur studio vers 21 heures, alors que le mercure y affichait 34,5°C. « C’est compliqué d’être à la maison », souffle Nadia, qui somnole sur un oreiller gonflable. Ils prévoient de rentrer vers 3 heures du matin, pas avant. Mais Thomas avoue que le confort du lit lui manquera. Sa compagne, elle, aurait bien prolongé la nuit dehors, mais elle redoute les risques. « En tant que femme, c’est dangereux », dit-elle, consciente que dormir seule dans un parc expose à des agressions. Même sentiment pour Agathe qui, sans son copain ou ses amis, ne se sent pas en sécurité. La canicule révèle aussi ces inégalités silencieuses la peur de l’autre qui empêche de profiter pleinement d’une solution pourtant simple.

Avec les enfants, l’affaire se corse. Malgré la nuit tombée, des dizaines de gamins courent et jouent entre les arbres. Camille, consultante en immobilier de 32 ans, est venue avec son mari et leur fils Aloïs, 2 ans. Le petit gambade, les parents se détendent sur un matelas gonflable. « S’il ne se dépense pas, il est intenable », rigole Camille. Alors tant pis pour l’heure du coucher. Elle aurait bien aimé passer toute la nuit dehors, elle aussi. « Le parc des Buttes-Chaumont est un véritable hôtel ce soir », plaisante-t-elle, avant de regretter qu’avec un bébé, dormir à la belle étoile soit inenvisageable. Entre confort, sécurité et nécessité de respirer, ces nuits de canicule improvisées montrent à quel point la ville manque d’espaces frais accessibles à tous, surtout quand le thermomètre ne veut pas baisser.

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