Économie
La CPME jette son nom et mise sur les entrepreneurs pour peser plus lourd
La deuxième organisation patronale française change d’identité pour devenir « Les Entrepreneurs ». Son premier grand rassemblement au Parc des Princes…


La deuxième organisation patronale française change d’identité pour devenir « Les Entrepreneurs ». Son premier grand rassemblement au Parc des Princes affiche une ambition claire : faire entendre la voix des patrons de toutes tailles.
Jeudi, sous une chaleur écrasante, le Parc des Princes a accueilli un nouveau genre d’assemblée. Ce n’était pas un match de foot mais la première « grande assemblée » des Entrepreneurs, nouveau nom de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises). Le président Amir Reza-Tofighi a expliqué le sens de ce changement. Il veut d’abord remettre les chefs d’entreprise au cœur du débat public et les transformer en force de proposition. Ensuite, il souhaite attirer ceux qui ne sont pas encore membres, quelle que soit la taille de leur boîte, pour que le collectif pèse davantage. Dans son discours, il a lancé une formule choc : les entrepreneurs ne demandent pas qu’on les plaigne mais qu’on les écoute, et ils seront « candidats » à la prochaine présidentielle.
Dans les gradins, le soleil tournait et les bancs se remplissaient doucement. Quelques personnalités avaient fait le déplacement, comme le ministre des PME Serge Papin ou l’ancien Premier ministre Édouard Philippe. En chemise, assis sur un pliant, Philippe a simplement dit qu’il était venu pour écouter. Les Entrepreneurs ont dévoilé leurs priorités : faire grimper la croissance française de 10% en cinq ans et augmenter les salaires d’autant, hors inflation. Pour y parvenir, ils veulent transférer certaines charges vers d’autres assiettes. Un nouveau laboratoire d’idées, la Fabrique des entrepreneurs, doit permettre de remonter les propositions du terrain en associant économistes, experts et élus.
Le nouveau logo a lui aussi fait parler. Un hexagone bleu, incliné, découpé en trois parties pour symboliser la diversité des entreprises. Le bleu évoque confiance et stabilité. Mais tout le monde n’est pas séduit. Cédric Thiollet, conseil en gestion de patrimoine venu avec l’idée d’adhérer, a trouvé que le nom « trustait » le mot entrepreneur comme si les autres organisations n’en étaient pas. À l’inverse, Sylviane Kouemo, dirigeante d’une société de projets santé, a trouvé le nom formidable et a vu sa tentation d’adhérer renforcée. Le président Reza-Tofighi assure que l’objectif n’est pas de rivaliser avec le Medef, qui pèse 63% du patronat contre 32% pour les Entrepreneurs. Il veut moderniser son organisation : il a recruté une équipe informatique de douze personnes, là où il n’y en avait aucune il y a un an. Lui-même, créateur à 20 ans de l’entreprise Vitalliance (13 500 employés), reconnaît aller vite et prendre des risques, parfois brusquer. Mais c’est aussi, dit-il, la force de l’entrepreneur.
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