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À 104 ans, il saisit la Cour européenne pour obtenir le salaire de ses heures de travail forcé

Albert Corrieri, 104 ans, ancien du Service du travail obligatoire, a porté son affaire devant la Cour européenne des droits de l homme. Il réclame plus…

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À 104 ans, il saisit la Cour européenne pour obtenir le salaire de ses heures de travail forcé

Albert Corrieri, 104 ans, ancien du Service du travail obligatoire, a porté son affaire devant la Cour européenne des droits de l homme. Il réclame plus de 43 000 euros pour le travail forcé effectué en Allemagne entre 1943 et 1945.

Albert Corrieri avait 20 ans quand il a été arraché à son métier de plombier à Marseille. Envoyé en Allemagne dans le cadre du STO instauré par le régime de Vichy, il a passé deux ans dans une usine chimique à Ludwigshafen. Charger des wagons de charbon, sous la menace des armes, six jours sur sept, dix heures par jour, sans le moindre salaire. Pendant les bombardements alliés, il a été blessé au bras. Aujourd’hui, à 104 ans, il estime que la France a une dette envers lui.

Il a déjà tenté d’obtenir justice devant les tribunaux français. En 2025, la Cour administrative d’appel de Marseille a rejeté sa demande de dédommagement. Elle s’est appuyée sur une loi de 1951 qui, selon elle, permet déjà d’indemniser les préjudices subis par les travailleurs forcés, y compris le préjudice financier. Mais pour Albert Corrieri et son avocat, cette loi n’a pas réglé son cas. Il n’a jamais touché un centime pour ces heures de travail imposées sous la contrainte.

Son avocat le dit sans détour : le temps presse. À 104 ans, Albert Corrieri est à la fin de sa vie. La Cour européenne des droits de l homme représente pour lui le dernier recours possible. Derrière sa demande, il y a une question de reconnaissance. Non seulement le paiement de ce qui lui est dû, mais aussi la réparation d’une injustice qui dure depuis près de 80 ans. C’est tout le sens de cette saisine : ne pas laisser s’éteindre la mémoire des victimes du STO sans avoir obtenu une forme de justice.

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