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En Équateur l’armée fait sauter les mines illégales mais l’or continue de couler

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Des soldats équatoriens patrouillent les montagnes andines pour démanteler des sites d’extraction d’or clandestins. Une lutte sans fin face à des groupes criminels qui brassent plus d’argent qu’avec la cocaïne.

Dans le nord de l’Équateur, près de la frontière colombienne, l’armée multiplie les interventions pour stopper l’extraction illégale d’or. Des colonnes de soldats avancent dans les reliefs escarpés de La Merced de Buenos Aires, le visage masqué pour ne pas être identifiés. Les détonations se succèdent dans les ravins elles visent à détruire des installations sauvages. Pourtant, malgré ces opérations régulières et l’utilisation de blindés, de lance-roquettes ou de mortiers, l’activité ne faiblit pas. Le colonel Christian Ruales, qui dirige l’une de ces missions, le reconnaît sans les militaires en permanence sur place tout reprendrait en quelques semaines.

Le problème dépasse largement la simple contrebande. Selon la Chambre équatorienne des mines, entre 60% et 70% de l’or extrait dans le pays provient de filières illégales, soit plus de 1,6 milliard de dollars par an. Un pactole qui, dans certains pays d’Amérique latine, dépasse désormais les profits du narcotrafic. Ce trésor attire des gangs puissants comme Los Lobos, lié au Cartel de Jalisco Nouvelle Génération mexicain, ou le front Oliver Sinisterra, une dissidence des anciennes Farc colombiennes. Ces groupes se disputent le contrôle des filons, extorquent les mineurs et terrorisent les populations agricoles locales.

L’exploitation sauvage laisse aussi des traces visibles sur l’environnement. Au bord d’une rivière, des résidus de cyanure et un liquide visqueux à l’odeur de vinaigre témoignent des raffineries clandestines. Les sols et les cours d’eau sont contaminés sans aucun contrôle. Le gouvernement du président Daniel Noboa, soutenu par les États-Unis, tente d’endiguer cette violence. Mais les résultats restent modestes. En 2025, le taux d’homicide a atteint 51 pour 100 000 habitants, l’un des plus élevés du continent. Un jeune homme ayant travaillé dans le secteur illégal résume le sentiment général l’exploitation minière ne s’arrêtera pas parce qu’il n’y a tout simplement pas d’autre travail.

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