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Frappes américaines sur Qeshm, la diplomatie tient bon à Ormuz

Washington a bombardé une île iranienne du détroit d’Ormuz sans l’annoncer, à la veille des élections de mi-mandat. Le Qatar assure pourtant que les…

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Frappes américaines sur Qeshm, la diplomatie tient bon à Ormuz

Washington a bombardé une île iranienne du détroit d’Ormuz sans l’annoncer, à la veille des élections de mi-mandat. Le Qatar assure pourtant que les négociations continuent et que les deux camps restent à la table.

Les États-Unis ont frappé l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz, sans en faire la publicité. L’opération a été révélée par des médias américains. Sur place, cinq détonations ont été entendues et des habitants ont aperçu deux avions dans le ciel, selon des informations relayées côté iranien. Des responsables américains, qui s’expriment sous couvert d’anonymat, parlent de frappes « limitées » et « défensives », les dernières d’une série menée ces dernières semaines. Le silence a été choisi exprès, pour ne pas laisser croire que Washington s’apprête à relancer une vaste campagne militaire. Interrogé, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient n’a pas répondu. L’armée israélienne, elle, assure ne pas être impliquée.

La frappe tombe au mauvais moment pour la diplomatie. Le Qatar, qui joue les médiateurs, affirme que les deux camps restent engagés dans le processus de négociation. Son porte-parole des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, dit garder l’espoir « qu’il y ait encore une chance de parvenir à un accord » et précise que Doha travaille à « la conclusion d’un accord intérimaire ». Il met toutefois en garde, toute escalade risque de compliquer les discussions. Côté iranien, le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf a lancé devant le parlement qu’il préside que « la balle est désormais dans le camp des États-Unis pour éviter la guerre ». Le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, avait qualifié les échanges de « très intenses » pour mettre fin au conflit déclenché fin février.

Ce conflit a connu plusieurs phases. La première, la plus violente, a fait des milliers de morts civils en près de quarante jours de bombardements, avant un cessez-le-feu en avril puis un protocole d’accord en juin. Cette entente fragile a volé en éclats cet été, quand les frappes ont repris et que l’Iran a de nouveau visé les alliés de Washington dans la région. Une accalmie s’est installée depuis début septembre. Téhéran a profité de cette période pour proposer de rouvrir le détroit d’Ormuz en deux jours, au lieu des sept prévus dans un plan présenté en septembre et resté sans suite. Depuis le début de la guerre, l’Iran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures et attaque régulièrement les navires qui tentent de le franchir sans autorisation. En retour, les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens.

La réouverture d’Ormuz a un prix. Téhéran la conditionne à un cessez-le-feu sur tous les fronts de la région, au dégel de ses avoirs à l’étranger, à la levée des sanctions sur son pétrole et à la fin du blocus naval américain. Abbas Araghchi a ajouté une exigence supplémentaire, l’acceptation d’un « nouvel itinéraire convenu entre l’Iran et Oman » pour le transit par le détroit.

Sur le front intérieur américain, Donald Trump doit composer avec le mécontentement des électeurs face à la hausse du coût de la vie et à la guerre. Il a assuré sur son réseau social qu’un accord avec l’Iran « pourrait arriver », en soulignant que les prix du pétrole chutent « comme des pierres » parce que les gens sentent qu’il n’y aura pas de guerre. Les cours ont effectivement plongé de plus de sept pour cent avant de légèrement rebondir. Le baril de Brent reste autour de 105 dollars, bien au-dessus des 70 dollars d’avant-guerre. À Téhéran, un immense panneau a été dévoilé montrant le président américain derrière les barreaux, la tête baissée.

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