Monde
L’Iran verrouille le détroit d’Ormuz après une salve de frappes américaines
Les États-Unis ont bombardé environ 140 cibles en Iran après une attaque iranienne sur un navire marchand. En riposte, Téhéran ferme ce passage…

Les États-Unis ont bombardé environ 140 cibles en Iran après une attaque iranienne sur un navire marchand. En riposte, Téhéran ferme ce passage stratégique où transite une grande partie du pétrole mondial.
Les frappes américaines ont visé dimanche des sites de missiles, des drones, des dépôts de munitions et des postes de surveillance côtière en Iran, selon le Commandement central américain. Un lieutenant de la marine iranienne a été tué dans le bombardement du port de Jask, dans le sud du pays. Ces représailles font suite à une attaque iranienne contre un porte-conteneurs battant pavillon chypriote dans le détroit d’Ormuz, un couloir maritime par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, ont annoncé la fermeture du détroit « jusqu’à nouvel ordre ». Le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï, a prévenu que ce passage était « plus important que des dizaines de bombes atomiques » et que l’Iran le protégerait coûte que coûte.
L’escalade ne s’arrête pas là. Les Gardiens ont affirmé avoir frappé un deuxième navire dans la zone, accusé de violer les règles de navigation, et lancé des missiles contre une base américaine au Qatar. Plusieurs voisins de l’Iran ont été touchés : les Émirats arabes unis ont subi une attaque de missiles, Bahreïn a activé ses sirènes d’alerte, le Koweït a riposté à des frappes aériennes et la Jordanie a confirmé la chute de trois missiles iraniens sur son territoire. Même Oman, pourtant en discussion avec Téhéran sur l’avenir du détroit, a été visé, l’Iran revendiquant la destruction de bases logistiques censées soutenir les porte-avions américains. Le sultanat a officiellement protesté. Du côté des navires, l’attaque du porte-conteneurs a provoqué un incendie à bord, et l’équipage indien a dû abandonner le navire. Dix des onze marins indiens ont été secourus.
Washington ne compte pas en rester là. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a déclaré que « l’Iran a fait un mauvais choix » et « maintenant ils paient ». Le Commandement central a annoncé une « troisième série de frappes » en une semaine, élargissant le spectre des représailles. Le Pakistan a appelé à la « désescalade » et à la « retenue » lors d’un appel entre son chef de la diplomatie et son homologue iranien. Mais la fermeture du détroit d’Ormuz, pour la première fois depuis des années, risque de faire exploser les prix du pétrole et de perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales. Pour les pays du Golfe et au-delà, chaque nouvelle salve de missiles rapproche un peu plus la région d’un conflit ouvert dont personne ne sortira indemne.
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