Société
40 000 généralistes recherchés pour une mission d urgence dans les campagnes
Un collectif de médecins appelle ses confrères à quitter leur cabinet une semaine pour soigner des patients abandonnés dans les zones rurales. L objectif…


Un collectif de médecins appelle ses confrères à quitter leur cabinet une semaine pour soigner des patients abandonnés dans les zones rurales. L objectif redonner un accès aux soins à plus d un million de Français qui n ont plus de médecin traitant.
L association Médecins Solidaires passe à l action ce jeudi avec une campagne de communication qui décoiffe. Son message aux généralistes est clair venez une semaine en zone rurale, on s occupe du reste. Concrètement les volontaires reçoivent un salaire fixe de 1 000 euros par semaine, sont logés gratuitement et n ont à gérer que les soins. Pas de paperasse, pas de gestion de cabinet. Le collectif assume déjà 14 centres de santé répartis dans des déserts médicaux de la Creuse, du Cher, de la Nièvre, de la Haute-Vienne et d une dizaine d autres départements. Il revendique plus de 1 000 médecins déjà passés par ce dispositif et 20 000 patients qui ont retrouvé un médecin traitant.
Derrière ce coup de com, il y a une réalité chiffrée qui donne le vertige. Sur les 100 000 généralistes en exercice en France, le collectif vise les 40 000 qui auraient un peu de temps à donner les praticiens à temps partiel, les remplaçants, les médecins avec peu de patients, les retraités encore actifs. Le président de Médecins Solidaires, le docteur Martial Jardel, assure que si 40 000 généralistes rejoignent le mouvement, l association pourrait ouvrir 800 centres supplémentaires. Cela permettrait à plus d un million de patients de retrouver un médecin traitant rapidement. Une promesse qui semble presque trop belle mais qui repose sur un mécanisme simple le partage de temps entre confrères.
Mais ce projet porté par la société civile se heurte à un mur politique. L idée d une mission de solidarité obligatoire pour les médecins des zones bien pourvues avait été évoquée en 2025 par l ancien gouvernement Bayrou. Depuis, l exécutif a fait marche arrière. Au Parlement, une proposition de loi transpartisane portée par le député socialiste Guillaume Garot n a pas pu être examinée par le Sénat dans les temps. La gauche n a pas la main sur l agenda de la chambre haute. De son côté, la droite sénatoriale défend un texte concurrent moins contraignant pour les médecins. Ce texte attend toujours son passage à l Assemblée nationale où l ordre du jour est saturé. Résultat les déserts médicaux continuent de s étendre, et les patients de compter sur la bonne volonté de leurs soignants.
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