Économie
3M devant la justice belge pour pollution aux substances perfluorées


_**Un millier de riverains de son usine de Zwijndrecht réclament réparation, estimant avoir subi pendant des années les conséquences de rejets de PFAS.**_
Le géant industriel américain 3M comparaît cette semaine devant le tribunal de paix d’Anvers. L’audience, qui s’ouvre mardi, fait suite à une action en justice intentée par environ un millier d’habitants des environs de son site de production chimique situé à Zwijndrecht, en région flamande. Les plaignants estiment avoir été exposés de manière prolongée à des rejets de composés per- et polyfluoroalkylés, communément appelés PFAS.
L’affaire a éclaté au grand jour en 2021, lors de travaux d’infrastructure ayant mis en évidence une contamination anormale des sols et des eaux souterraines à proximité de l’usine, active depuis les années 1970. Des analyses sanguines menées par la suite ont confirmé que de nombreux résidents présentaient des taux élevés de PFOS, une substance appartenant à cette famille de composés chimiques persistants.
Les PFAS, utilisés pour leurs propriétés antiadhésives et imperméabilisantes dans de nombreux produits industriels et de consommation, se dégradent extrêmement lentement dans l’environnement. Leur présence est associée à divers risques sanitaires, pouvant affecter le cholestérol, la fertilité ou le développement fœtal, et être liée à certaines pathologies.
Les parties civiles, représentées par l’avocat Gert Lenssens, invoquent un trouble anormal de voisinage et demandent à la justice de condamner l’entreprise à verser des indemnités compensatoires. Le cabinet d’avocats, qui se dit mandaté par près de 1 400 personnes, réclame une provision de 20 000 euros par plaignant, évoquant notamment les besoins médicaux futurs et la dépréciation immobilière des biens concernés.
De son côté, 3M rappelle avoir cessé la production de PFAS sur le site concerné et s’être engagé, dans le cadre d’un accord avec les autorités régionales en 2022, à financer un vaste programme d’assainissement des sols pour un montant de 500 millions d’euros. Le groupe a par ailleurs annoncé son intention d’éliminer progressivement ces substances de l’ensemble de ses procédés de fabrication.
Cette procédure civile se déroule parallèlement à une enquête pénale toujours en cours. La décision du juge, qui entendra les arguments de la défense après ceux des plaignants, sera mise en délibéré à l’issue des audiences et ne devrait pas être rendue avant plusieurs semaines.





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