Économie
240 milliards de dollars voilà ce que les canicules pourraient coûter à la France
Les vagues de chaleur ne se contentent pas de faire souffrir les organismes. Selon une étude, elles menacent directement l’économie française à hauteur de…


Les vagues de chaleur ne se contentent pas de faire souffrir les organismes. Selon une étude, elles menacent directement l’économie française à hauteur de 240 milliards de dollars d’ici 2030.
Pour l’instant, on retient surtout les températures caniculaires qui écrasent l’Europe. Mais la facture économique, elle, commence déjà à inquiéter les experts. Allianz Trade a chiffré les pertes cumulées de PIB que la France pourrait subir entre 2026 et 2030 : 240 milliards de dollars. L’Italie, l’Allemagne et l’Espagne sont aussi dans le viseur avec respectivement 147, 131 et 120 milliards de dollars. Pourquoi l’Europe encaisse-t-elle si mal ces vagues de chaleur ? La région cumule des fragilités : une population âgée, des villes denses aux logements mal isolés, et très peu de climatisation. À peine 19% des foyers européens en sont équipés, contre 90% aux États-Unis. Résultat, quand le thermomètre dépasse les 30°C, ce seuil critique identifié par Allianz Trade, la productivité dégringole.
Sur le court terme, les effets sont déjà visibles. Patrick Martin, le président du Medef, décrit une France qui « tourne au ralenti ». Sur BFMTV, il évoque « une désorganisation du travail et, au cas par cas, moins de travail ». Les entreprises perdent en efficacité et les salariés peinent à maintenir le rythme. Mais les dégâts ne s’arrêtent pas là. La Banque centrale européenne a étudié l’impact des canicules sur 1 160 régions européennes. Verdict : deux ans après une vague de chaleur estivale, l’activité économique est pénalisée de 1,5 point de pourcentage. Quatre ans après une sécheresse, la perte grimpe à 3 points. « À moyen terme, clairement, ça a un effet négatif sur la croissance », confirme Emmanuel Moulin, le gouverneur de la Banque de France.
Ces phénomènes climatiques extrêmes attisent aussi l’inflation. En 2022, la sécheresse a fait bondir les prix alimentaires de 0,7 point de pourcentage en Europe. L’exemple de l’huile d’olive est frappant : la production s’est effondrée, et les prix ont flambé. La chaleur pousse aussi à consommer plus d’énergie pour la climatisation, ce qui tire les coûts vers le haut. Pour la BCE, anticiper l’inflation devient un vrai casse-tête. Hazem Krichene, économiste du climat chez Allianz, prévient : « Sans transition rapide, ces phénomènes risquent de s’installer comme un frein structurel à l’économie ». Les États, eux, voient leurs recettes fiscales fondre de 1,8% en France, pendant que les dépenses explosent dans la santé ou les infrastructures. Le solde budgétaire des pays européens se dégrade d’environ 0,5% du PIB en moyenne. Et tout ça alors que la ministre française de la Transition écologique évoque « un mur d’investissements » pour adapter le pays au changement climatique. La facture, déjà salée, risque de s’alourdir encore.
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