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Wikipédia ferme la porte à l’IA pour écrire ses articles, mais laisse la machine veiller sur les oubliés
Le cofondateur de l’encyclopédie en ligne, Jimmy Wales, assure que la technologie n’est pas encore assez fiable pour toucher directement aux textes. Un…


Le cofondateur de l’encyclopédie en ligne, Jimmy Wales, assure que la technologie n’est pas encore assez fiable pour toucher directement aux textes. Un assouplissement est prévu pour des sujets très spécifiques, ceux que personne ne remarque.
Jimmy Wales est catégorique. L’intelligence artificielle ne touchera pas à la rédaction des articles sur Wikipédia. Le cofondateur du site l’a répété ce lundi en marge d’un événement à Londres. Pour lui, le problème est le même que celui qui agite les spécialistes depuis des mois. Les IA inventent. Elles produisent des hallucinations, des faits totalement faux présentés avec une assurance déconcertante. Et ça, pour une encyclopédie bâtie sur la vérification par des milliers de bénévoles, c’est rédhibitoire. On ne peut pas lui faire assez confiance, a-t-il tranché.
Pourtant, la porte n’est pas complètement fermée. Wales imagine un rôle très précis pour les robots. Pas pour écrire. Pour surveiller. Il donne un exemple concret. Imaginez le décès d’un vieux professeur de biologie, 97 ans, qui n’a fait les gros titres nulle part. Aucun éditeur humain ne le remarquera forcément. Un algorithme, lui, pourrait détecter l’information et alerter la communauté. Voilà le genre de tâches que Wikipédia veut confier à l’IA. Des missions de veille sur des sujets de niche, là où l’œil humain passe à côté.
Cette prudence affichée contraste avec l’appétit des intelligences artificielles pour le contenu de l’encyclopédie. Les grands modèles de langage se nourrissent de ses articles pour répondre aux questions des internautes. Résultat, le trafic humain a baissé de 8% face à cette concurrence. Mais dans le même temps, les visites des robots IA explosent. Un paradoxe que Wales ne trouve pas désastreux. Le modèle économique de Wikipédia repose sur les dons, pas sur le nombre de clics. Le site a aussi signé des accords avec plusieurs géants de la tech. L’idée est simple. Vous voulez utiliser nos données pour entraîner vos IA ? Vous bombardez nos serveurs de millions de requêtes ? Très bien, mais il faut payer votre juste part. Wales ne dévoile pas les montants, mais il se dit plutôt satisfait des progrès. Certains gros acteurs ont accepté. Ceux qui refusent, le site commence à les bloquer.
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