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Keir Starmer quitte Downing Street après deux ans de promesses non tenues

Élu triomphalement en juillet 2024, le travailliste n’aura pas su convaincre les Britanniques ni concrétiser son projet de renouveau. Il a annoncé sa…

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Keir Starmer quitte Downing Street après deux ans de promesses non tenues

Élu triomphalement en juillet 2024, le travailliste n’aura pas su convaincre les Britanniques ni concrétiser son projet de renouveau. Il a annoncé sa démission lundi, poussé vers la sortie par une impopularité grandissante et la montée d’un rival au sein de son propre parti.

Keir Starmer avait pourtant tout pour réussir. Cet avocat spécialisé dans les droits humains, ancien chef du parquet général, incarnait la rigueur et la discipline. Il est entré à Downing Street le 5 juillet 2024 avec une large majorité travailliste au Parlement, surfant sur l’épuisement des conservateurs et les scandales qui avaient miné leurs dernières années. Les attentes étaient immenses dans un Royaume-Uni frappé par une économie atone, une crise du coût de la vie et des services publics exsangues après des années d’austérité. Starmer promettait un renouveau, une rupture nette avec le passé.

Mais très vite, le décalage s’est creusé entre les promesses et la réalité. Son ton précis et sans éclat, perçu au départ comme un gage de sérieux, s’est retourné contre lui. Les Britanniques ont eu du mal à discerner une vision claire derrière son pragmatisme affiché. Il a multiplié les mesures jugées antisociales, s’attirant les foudres de l’aile gauche de son parti, avant de reculer sous la pression. Parallèlement, il a durci la politique migratoire sans parvenir à endiguer la montée du parti populiste Reform UK. Résultat, une partie de son électorat est partie chez les Verts ou s’est abstenue. La défaite cinglante aux élections locales de mai 2026 a sonné le glas de son autorité.

Les affaires ont achevé de le fragiliser. Plusieurs ministres ont dû quitter le gouvernement, dont sa numéro deux Angela Rayner. Surtout, la polémique autour de Peter Mandelson, nommé ambassadeur à Washington puis limogé pour ses liens avec le pédocriminel Jeffrey Epstein, a renforcé l’image d’un dirigeant indécis et peu politique. Sur la scène internationale, Starmer a pourtant réussi à redonner du poids à la voix britannique, ménageant Donald Trump pour obtenir des droits de douane avantageux et renouant les fils avec l’Union européenne. Mais ses hésitations sur le conflit au Proche-Orient ont ulcéré Washington. Au final, ce fils d’ouvrier, élevé dans une famille modeste, rebaptisé Keir en hommage au fondateur du Labour, quitte le pouvoir sans avoir tenu sa promesse de transformation. Il laisse l’image d’un homme discipliné mais incapable d’incarner le changement que le pays attendait.

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