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Vilnius sonne l’alerte mais les abris restent clos

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Pour la première fois, la sirène anti-drone a retenti dans la capitale lituanienne. Mais quand les habitants ont cherché un refuge, beaucoup ont trouvé portes closes et toiles d’araignée.

Le 20 mai, un drone errant a déclenché l’alarme à Vilnius. Ruta Gaskauskaite, 29 ans, s’est précipitée vers l’abri le plus proche. Elle s’est heurtée à une porte verrouillée. L’application mobile censée guider les citoyens vers les refuges indiquait bien un lieu à proximité, mais personne ne l’avait entretenu. Il a fallu essayer trois abris différents avant d’en trouver un accessible. Et même là, vingt minutes d’attente avant que quelqu’un ouvre. Ce n’est pas un cas isolé. Dans toute la ville, des habitants désemparés ont raconté la même histoire.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, la Lituanie ne cesse de répéter qu’il faut se préparer. Mais ce test grandeur nature a tout mis à nu. La Première ministre Inga Ruginiene a dû présenter des excuses publiques. Le vice-ministre de la Défense, Tomas Godliauskas, a reconnu des lacunes. Il a promis de revoir la gestion des abris, leur propriété et leur entretien. Personne ne savait exactement qui devait ouvrir les portes ni à quel moment. Un aveu rare pour un pays qui prend la menace russe très au sérieux depuis 2014.

Alors, que faire ? Le gouvernement veut construire des abris dits polyvalents, par exemple dans des salles de sport ou des gymnases. Dans la ville de Kazlu Ruda, à quarante kilomètres de l’enclave russe de Kaliningrad, le maire Mantas Varaska rêve d’un tunnel souterrain pouvant accueillir 3 000 personnes. Mais les financements manquent. En attendant, les autocollants jaunes fleurissent sur les parkings, les écoles et les caves. La Lituanie dispose de 6 344 abris, capables de protéger seulement la moitié de ses 2,8 millions d’habitants. Certains citoyens, comme Ruta, ont décidé de ne pas compter sur l’État. Elle se réunit avec des amis pour stocker de la nourriture, apprendre les gestes de premiers secours et réviser les plans d’urgence. Son mot d’ordre : espérer le meilleur, se préparer au pire.

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