Économie
Un multilatéralisme sanitaire à l’épreuve des fractures géopolitiques


À Lyon, le sommet One Health a servi de tribune pour un plaidoyer en faveur d’une coopération internationale renforcée, dans un contexte mondial marqué par les tensions et les réductions de financements.
Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité impérieuse d’une coordination mondiale face aux menaces sanitaires, lors de l’ouverture d’un sommet international consacré à l’approche « Une seule santé ». Le chef de l’État français a déploré que les crises et les conflits actuels viennent entraver les efforts collectifs, alors que les défis exigent au contraire une collaboration accrue. Il a implicitement visé les remises en cause de l’Organisation mondiale de la Santé, sans citer nommément l’administration américaine.
Le président a défendu un système de santé mondial fondé sur une science indépendante, une gouvernance transparente et le rôle central de l’OMS. Cette rencontre, qui s’inscrit dans la lignée des initiatives « One Planet », vise à traiter de manière intégrée les santés humaine, animale et environnementale, reconnaissant leur interdépendance fondamentale. Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a abondé dans ce sens, soulignant que cette vision holistique correspondait à l’expérience africaine.
Plusieurs engagements ont été annoncés, dont la création d’un pacte international pour préserver l’efficacité des antibiotiques et le partage de données sanitaires entre les secteurs. La forte proportion de maladies infectieuses émergentes d’origine animale a été avancée pour justifier cette démarche. Cependant, la portée de l’événement est restée limitée, avec la participation d’une vingtaine de ministres et de seulement trois autres chefs d’État, ceux du Botswana, du Cambodge et du Ghana.
En parallèle de ces déclarations, des actions gouvernementales ont été pointées du doigt. Emmanuel Macron a évoqué un futur plan national français sur les perturbateurs endocriniens. Mais cette annonce contraste avec la réduction substantielle de la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Des représentants d’associations de lutte contre le VIH ont manifesté à Lyon pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme un écart inacceptable entre les discours et les décisions budgétaires, estimant que ces coupes mettent en péril des vies et marquent un recul historique.





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