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Un marché de Noël, une voiture, six morts la perpétuité pour le médecin qui a semé l’horreur à Magdebourg

Un homme a foncé sur la foule avec son SUV, faisant six morts et plus de 300 blessés lors d’un marché de Noël en décembre 2024. Ce vendredi, la justice…

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Un marché de Noël, une voiture, six morts la perpétuité pour le médecin qui a semé l'horreur à Magdebourg

Un homme a foncé sur la foule avec son SUV, faisant six morts et plus de 300 blessés lors d’un marché de Noël en décembre 2024. Ce vendredi, la justice allemande l’a condamné à la prison à vie, avec une mesure qui rend sa libération quasi impossible.

Le verdict est tombé dans une salle d’audience provisoire, construite spécialement pour ce procès hors norme. Taleb Jawad al-Abdulmohsen, un psychiatre saoudien de 51 ans, a été reconnu coupable de six meurtres et de tentatives de meurtre. Le juge a souligné la « particulière gravité de sa culpabilité ». En plus de la perpétuité, le tribunal a ordonné une rétention de sûreté sous réserve, une mesure réservée aux détenus jugés dangereux. Concrètement, cela signifie que même après avoir purgé sa peine, il pourrait rester enfermé. En Allemagne, sans cette clause, un condamné à perpétuité peut espérer une libération anticipée au bout de 15 ans. Ici, ce sera examiné plus tard, mais l’issue semble verrouillée.

Le 20 décembre 2024, vers 20h, ce médecin a pris le volant d’une BMW X3 de plus de 340 chevaux. Il a accéléré en plein cœur du marché de Noël de Magdebourg, dans l’est de l’Allemagne. Un garçon de neuf ans et cinq femmes, âgées de 45 à 75 ans, ont été tués sur le coup. Plus de 300 personnes ont été blessées, certaines grièvement. Le juge Dirk Sternberg a décrit un homme déterminé à faire « un nombre très élevé de victimes », acceptant que quiconque sur son passage puisse mourir ou être gravement blessé. Il a même énuméré une à une les blessures de chaque victime, tant elles étaient nombreuses. L’accusé n’a montré aucun remords, ni pendant le procès, ni au moment du verdict.

Les proches des victimes vivent un cauchemar qui ne s’arrête pas. Inge Bormann, une femme tremblante, a montré une photo de son amie décédée à 67 ans. « C’était une partie de ma vie. Je souhaite chaque jour qu’elle revienne, ce qui n’arrivera pas. Pour moi, c’est un vide absolu », a-t-elle confié. D’autres souffrent encore de dépression. Beaucoup espéraient une mesure de sûreté obligatoire, mais le tribunal n’est pas allé jusque-là. Jens Bergholz, un spectateur assidu du procès, a dit espérer que ce verdict aide les victimes à tourner la page, ou du moins à commencer à avancer. L’accusé, lui, est resté impassible, vêtu d’un jeans et d’une chemise sombre, la barbe grise, sans réaction apparente. Les experts psychiatriques l’ont jugé pleinement responsable, malgré un trouble de la personnalité narcissique. Son mobile était une haine de l’Allemagne, qu’il accusait de trop protéger les réfugiés musulmans et pas assez les Saoudiens exilés. Un procès perdu contre une association de réfugiés et une « faille narcissique » ont alimenté son désir de vengeance. Jusqu’au bout, il n’a pas compris l’ampleur de la souffrance infligée, a déploré l’avocate d’une famille de victimes.

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