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Un espion présumé filmait un drone militaire français pour le compte de la Russie

Un homme de 48 ans, né en Biélorussie, a été arrêté le 3 juin alors qu’il filmait un prototype de drone de l’entreprise Delair près de Toulouse. Il est…

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Un espion présumé filmait un drone militaire français pour le compte de la Russie

Un homme de 48 ans, né en Biélorussie, a été arrêté le 3 juin alors qu’il filmait un prototype de drone de l’entreprise Delair près de Toulouse. Il est soupçonné d’avoir envoyé la vidéo à un interlocuteur russe et a été mis en examen pour espionnage au profit d’une puissance étrangère.

Le timing est glaçant. Deux jours avant son interpellation, l’usine de Labège, dans la banlieue toulousaine, avait été visée par des cocktails Molotov qui n’avaient pas explosé. Les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont établi que l’homme, qui résidait en Espagne, filmait un prototype de drone appartenant à Delair, un fleuron français de l’aéronautique militaire. Le parquet de Paris a confirmé qu’il avait envoyé la vidéo à un contact en Russie. Il a été placé en détention provisoire et risque jusqu’à quinze ans de prison pour avoir livré des informations à la Russie, un crime qualifié d’atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.

Derrière cette tentative d’espionnage, il y a une entreprise stratégique. Delair fournit les armées française et ukrainienne en drones aériens et sous-marins, utilisés pour la défense, la surveillance industrielle ou la sécurité. Fondée il y a quinze ans, la société emploie 250 personnes et a déjà déployé plus de 3 000 drones dans le monde. Son chiffre d’affaires atteint 50 millions d’euros en 2025. Interrogé, le responsable des relations publiques de Delair, Stéphane Douce, a assuré que l’activité n’avait pas été impactée et que la sécurité des biens et des personnes avait été renforcée. Il a refusé tout commentaire sur le fond du dossier, confié à la justice.

Ce n’est pas un cas isolé. Le parquet de Paris, chargé des soupçons d’ingérences étrangères, a déjà révélé plusieurs affaires récentes. En février 2026, quatre personnes dont deux ressortissants chinois ont été mises en examen pour espionnage au profit de Pékin, après la découverte d’une parabole de deux mètres dans une location Airbnb destinée à capter des données satellitaires militaires. En décembre 2025, un boîtier espion avait été retrouvé à bord d’un ferry italien, suspecté de permettre de prendre le contrôle à distance du navire. Et fin novembre 2025, trois personnes avaient été écrouées dans une double affaire d’espionnage économique au profit de Moscou, impliquant notamment des affiches prorusses sur l’Arc de triomphe. Autant de signaux qui montrent que les services de renseignement étrangers s’intéressent de près aux technologies sensibles françaises.

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