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Un cimetière géant de baleines caché à 7 000 mètres sous l’océan Indien
Près de 500 squelettes de cétacés, dont certains vieux de plus de cinq millions d’années, reposent dans une fosse sous-marine. Une découverte qui…


Près de 500 squelettes de cétacés, dont certains vieux de plus de cinq millions d’années, reposent dans une fosse sous-marine. Une découverte qui bouleverse ce que l’on sait sur la vie dans les abysses.
Ce n’est pas une légende de marins. À l’ouest de l’Australie, par 7 000 mètres de fond, des scientifiques chinois ont mis au jour un véritable cimetière de baleines. En 2023, à bord du submersible Fendouzhe, ils ont effectué 32 plongées dans la zone appelée Diamantina. Ce qu’ils ont vu dépasse tout ce qu’ils imaginaient. Des carcasses de cétacés s’étendent sur un corridor de 1 200 kilomètres. Au total, 485 fossiles ont été recensés. Mais selon les chercheurs, ce chiffre n’est qu’un aperçu. En extrapolant, ils estiment que plus de dix millions de squelettes pourraient gisaient dans cette région.
Comment expliquer une telle concentration de morts ? La zone est une aire d’alimentation majeure pour les baleines. Combinée à une tranchée en forme de V, elle canalise les carcasses vers les profondeurs. Résultat des chutes de baleines qui s’accumulent sans interruption depuis au moins cinq millions d’années. Le plus vieux fossile retrouvé le confirme. Pour le paléontologue Stephen Godfrey, cette découverte est aussi importante que celle des sources hydrothermales en 1977.
Mais ce cimetière n’a rien d’un lieu mort. Autour des os, la vie grouille. Méduses, ophiures proches des étoiles de mer, vers foreurs d’os et mollusques bivalves prospèrent. Les tissus mous et les lipides des carcasses représentent l’équivalent de 6,7 millions de tonnes de CO2 piégé. Une manne énergétique pour les abysses. Certaines espèces observées ici vivent aussi dans des sources hydrothermales ou des suintements froids. Cela suggère que les chutes de baleines font le lien entre différents écosystèmes marins profonds.
Les chercheurs ont identifié une espèce de baleine à bec jusque-là inconnue, aujourd’hui disparue. Pour l’océanographe Craig Smith, qui a découvert la première chute de baleine en 1987, le nombre de fossiles documentés est remarquable. Cela permet de mieux comprendre l’évolution et la répartition des cétacés au cours des temps géologiques. La spécialiste Amy Baco-Taylor ajoute que cette découverte pourrait révéler de nombreuses nouvelles espèces vivant dans ces communautés chimiosynthétiques des profondeurs. Des squelettes trouvés lors de chalutages laissent penser que d’autres cimetières similaires existent, notamment au large de l’Afrique du Sud ou de la péninsule ibérique. La recherche ne fait que commencer.





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