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Trump change de camp le temps d’un sommet : pourquoi Kiev peut douter
Au G7, le président américain a signé une déclaration ferme contre la Russie et longuement écouté Zelensky. Mais ce revirement spectaculaire pourrait…

Au G7, le président américain a signé une déclaration ferme contre la Russie et longuement écouté Zelensky. Mais ce revirement spectaculaire pourrait n’être qu’un feu de paille.
Donald Trump n’aime rien tant que claquer la porte des grands rendez-vous diplomatiques. Pourtant, à Evian, en France, il a joué le jeu. Le voilà qui signe une déclaration commune avec les six autres pays du G7, promettant de renforcer la pression sur la Russie. Il accepte même un échange improvisé avec Volodymyr Zelensky, au cours duquel ce dernier lui montre des images d’une cathédrale orthodoxe bombardée à Kiev. Pour une fois, le multimilliardaire républicain ne parle pas de son amitié avec Vladimir Poutine. Il écoute, il regarde, et il semble basculer du côté ukrainien.
Ce changement d’attitude a ravi les Européens. Une source diplomatique résume la nouvelle donne avec les mots mêmes de Trump : dans sa vision du monde, le « loser » du moment serait Poutine, et le « winner » Zelensky. Pendant le sommet, les alliés mettent aussi en avant son accord pour que des entreprises américaines puissent produire des missiles longue portée en Ukraine. Mais Trump reste vague en public, se contentant de dire qu’il « envisage » l’idée. Il n’a pas perdu sa célèbre versatilité.
Emmanuel Macron a tout fait pour retenir l’Américain à la table des négociations. Dîner à Versailles, maillot de foot personnalisé offert par le chancelier allemand, rires polis quand Trump arrive en retard en lançant « C’est moi le patron ». Les dirigeants ont appris à flatter son ego pour avancer leurs pions. Le communiqué final mentionne même trois fois le nom du président américain, à la demande de Washington. Une source diplomatique confie sans détour : si c’est le prix à payer, on l’aurait cité sept fois.
Mais derrière ce beau tableau, la méfiance reste de mise. Trump a toujours dit que la guerre en Ukraine n’est pas une priorité stratégique pour les États-Unis. Et personne n’a oublié le sommet d’Anchorage, en Alaska, où il avait affiché une complicité cordiale avec Vladimir Poutine, au point d’accrocher une photo de l’événement à la Maison Blanche. Le « moment d’Evian » vanté par Macron effacera-t-il ce souvenir inquiétant ? Pour l’instant, Kiev retient son souffle.
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