Économie
TotalEnergies au tribunal ce jeudi le procès qui peut tout changer pour le climat
Le géant pétrolier français risque une décision historique devant la justice. Des associations lui demandent de réduire sa production de pétrole et de gaz.


Le géant pétrolier français risque une décision historique devant la justice. Des associations lui demandent de réduire sa production de pétrole et de gaz.
Le tribunal judiciaire de Paris doit trancher ce jeudi une question brûlante. TotalEnergies est accusé par plusieurs ONG et par la Ville de Paris de ne pas respecter son devoir de vigilance sur les risques environnementaux. Les plaignants veulent que le groupe arrête ses nouveaux projets d’hydrocarbures. Ils exigent aussi une baisse concrète de la production de pétrole de 37% d’ici 2030 et de 25% pour le gaz. C’est la première fois qu’une entreprise est jugée pour son impact climatique en France, dans un contexte où les procès du genre explosent partout dans le monde.
Le groupe se défend avec un argument clé. Il assure que la loi sur le devoir de vigilance, entrée en vigueur en 2017, ne couvre pas le réchauffement climatique. Pour ses avocats, les émissions indirectes, celles générées par les clients qui brûlent le pétrole vendu, ne sont pas concernées. Les ONG comme Sherpa et Notre Affaire à Tous répondent que vendre des hydrocarbures en sachant qu’ils seront brûlés crée bien un risque environnemental, qu’il soit local ou planétaire. Le parquet de Paris a pris une position nuancée lors de l’audience en février. Il a estimé qu’une exigence trop large serait irréaliste, rejoignant en partie la défense de TotalEnergies.
Les enjeux dépassent le seul cas de l’entreprise. Si la justice ordonne à TotalEnergies de réduire sa production et d’abandonner ses nouveaux projets, cela créerait un précédent majeur pour tout le secteur. Les ONG avancent que le groupe représente moins de 2% de la production mondiale de pétrole, mais qu’il doit montrer l’exemple. Du côté de la défense, on plaide que si TotalEnergies vend ses raffineries, d’autres les rachèteront sans réduire les émissions mondiales. Un argument que les associations comparent à une « défense du dealer de drogue ». L’affaire rappelle celle de Shell aux Pays-Bas, où un jugement historique a été annulé en appel fin 2024. La décision de jeudi pourrait donc redessiner les limites de la responsabilité climatique des multinationales.
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