Monde
Téhéran maintient une double posture face à Washington


Alors que les tensions avec les États-Unis atteignent un nouveau paroxysme, la République islamique affiche à la fois sa détermination à se défendre et sa volonté de parvenir à un arrangement diplomatique sur le dossier nucléaire.
Le ministre des Affaires étrangères iranien a réagi aux déclarations récentes de l’administration américaine par un message public équivoque. D’un côté, il a assuré que les forces armées de son pays étaient en état d’alerte maximale et prêtes à répliquer à toute action hostile. De l’autre, il a réaffirmé l’ouverture de Téhéran à conclure un arrangement mutuellement acceptable concernant ses activités atomiques, un accord qui, selon ses termes, reconnaîtrait le droit de l’Iran à une énergie nucléaire civile et garantirait l’absence d’armement.
Cette déclaration fait suite à des propos américains jugés menaçants, évoquant un délai imparti à l’Iran et la possibilité d’une intervention militaire d’une ampleur inédite. En réponse, des responsables américains ont décrit la République islamique comme affaiblie, anticipant une reprise des mouvements de protestation intérieurs. Plusieurs capitales européennes ont exprimé leur soutien à des mesures de pression accrues, dont l’inscription des Gardiens de la révolution sur des listes d’organisations considérées comme terroristes.
Face à cette pression internationale, Téhéran active ses canaux diplomatiques. Des consultations ont eu lieu avec des partenaires régionaux, notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, qui ont tous deux réitéré leur attachement à l’apaisement et leur refus de voir leur territoire utilisé pour des opérations contre l’Iran. L’Égypte et la Turquie ont également plaidé en faveur d’une désescalade, tandis que la Chine a mis en garde contre toute aventure militaire devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Parallèlement, les autorités iraniennes ont rappelé qu’elles considéreraient comme un acte d’hostilité l’utilisation d’un pays tiers pour lancer des frappes contre leur territoire. Une fermeture du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour les hydrocarbures, a même été évoquée par un commandant militaire. Dans la capitale, une propagande visuelle anti-américaine s’est intensifiée, avec l’apparition d’affiches représentant des attaques contre des bâtiments de guerre américains.
La situation intérieure en Iran reste marquée par les conséquences des vastes manifestations des mois précédents. Des organisations de défense des droits de l’homme font état d’un bilan humain très lourd, comprenant plusieurs milliers de victimes et des dizaines de milliers d’arrestations. Un premier procès lié à ces événements vient de s’ouvrir. La répression et les restrictions persistantes sur les communications compliquent l’établissement d’un compte-rendu exhaustif de cette période. Le mécontentement populaire, initialement nourri par la dégradation des conditions économiques, a été exacerbé par le rétablissement de sanctions internationales liées au programme nucléaire.





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