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Sous la boue et les décombres, le Nouristan enterre ses morts

Les pluies diluviennes continuent de frapper une province reculée d’Afghanistan où les secours cherchent encore une centaine de disparus. La ville de…

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Sous la boue et les décombres, le Nouristan enterre ses morts

Les pluies diluviennes continuent de frapper une province reculée d’Afghanistan où les secours cherchent encore une centaine de disparus. La ville de Parun, particulièrement touchée, n’avait jamais vu l’eau monter si haut.

Les sauveteurs creusent la boue à mains nues. Ils extraient des corps un à un de ce qui reste des habitations, des magasins, de la vie. Dans la province montagneuse du Nouristan, au nord-est de l’Afghanistan, les recherches se poursuivent après les crues meurtrières de lundi. Mais mardi, de nouvelles pluies sont tombées, compliquant encore la tâche. Les autorités ont émis un nouvel avertissement face au risque de crues brutales. Des tirs de sommation depuis les montagnes ont résonné pour alerter les habitants de Parun, chef-lieu niché dans une vallée, d’une possible nouvelle montée des eaux de la rivière qui traverse la ville.

Le bilan est lourd. Vingt-trois personnes ont perdu la vie lundi. Une centaine d’autres sont toujours portées disparues. Dans le centre-ville de Parun, le pont central n’enjambe plus qu’un paysage de désolation. Les boutiques d’alimentation, un hôtel, plusieurs bâtiments ont été emportés par les flots. Le corps du maire de la ville, Sayed Ahmad Arhabi, a été retrouvé mardi après-midi. Personne n’avait imaginé une telle montée des eaux, racontent les rescapés. Farid Gul Zaheer, un pharmacien de 34 ans, s’est blessé en tentant de fuir plus haut dans la montagne. « Quand je me suis retourné, la ville avait été détruite », témoigne-t-il. Il a perdu sa pharmacie, fruit du travail de toute une vie. « Tout le monde a peur, les gens sont traumatisés, personne n’a dormi. »

L’aide humanitaire commence à s’organiser, mais l’urgence est absolue. Le Croissant-Rouge afghan distribue de l’eau potable et de la nourriture. Des familles entières se retrouvent sans abri, et il faudra des tentes pour les héberger à court terme, puis un soutien pour reconstruire. Le gouverneur du Nouristan a annoncé l’arrivée d’une équipe ministérielle avec des vivres et une assistance financière. Les agences de l’ONU préparent aussi une mission d’évaluation des dégâts. Cette catastrophe rappelle une fois de plus la vulnérabilité de l’Afghanistan face au changement climatique. Le pays ne génère que 0,08% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais il est l’un des plus durement frappés par les phénomènes extrêmes. Les glaciers fondent, les inondations se multiplient, et la crise humanitaire s’aggrave. Au printemps dernier, plus de 200 personnes avaient déjà péri en Afghanistan et au Pakistan à cause des pluies et des inondations. Cette fois encore, la nature a frappé là où les ressources manquent pour y faire face.

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