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Saint-Étienne ouvre une galerie inédite où le design national sort des réserves

Un lieu unique en France vient d’ouvrir dans l’ancienne Manufacture d’armes de Saint-Étienne. Pas de collection fixe mais des expositions puisant dans 30…

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Saint-Étienne ouvre une galerie inédite où le design national sort des réserves

Un lieu unique en France vient d’ouvrir dans l’ancienne Manufacture d’armes de Saint-Étienne. Pas de collection fixe mais des expositions puisant dans 30 000 pièces issues des plus grandes institutions publiques.

C’est une première en France. Mercredi 9 juin 2026, la Galerie nationale du design a ouvert ses portes à Saint-Étienne. L’idée est simple et ambitieuse à la fois. Au lieu d’accumuler des objets dans un fonds permanent, ce lieu de 1 000 mètres carrés va piocher dans les trésors des collections nationales pour les exposer au public. Centre Pompidou, Mobilier national, Manufactures de Sèvres, Centre national des arts plastiques… toutes ces institutions prêtent leurs pièces. Un système qui repose sur l’échange et le partage. La réhabilitation du bâtiment, au cœur de la Cité du design, a coûté 8,8 millions d’euros, financés par la Métropole et l’État.

Le lieu a une histoire lourde. C’est l’ancienne Manufacture d’armes de Saint-Étienne. Eric Jourdan, directeur général de la Cité du design, le souligne le design est une discipline qui va vers les gens et c’est un beau clin d’œil de passer à ça alors qu’ici on fabriquait des armes pour tuer. La galerie s’inscrit dans un mouvement de décentralisation des collections nationales, un peu comme le Centre Pompidou-Metz ou le Louvre-Lens. Mais avec une particularité forte elle n’a pas de collection propre, elle accueille et fait dialoguer celles des autres.

L’exposition inaugurale s’appelle « Design en main du langage à l’objet ». Elle présente environ 400 objets jusqu’en mars. Des prototypes, des objets du quotidien devenus cultes comme le robot-Marie de Moulinex, des créations contemporaines comme le paravent The Handshake de Abäke. Le parcours est construit autour de six expressions populaires liées à la main. Une partie revient sur le passé industriel de la ville et la naissance du design. Une autre explore l’arrivée de la société de consommation avec des catalogues Manufrance. Laurence Mauderli, l’historienne conceptrice de l’expo, explique qu’il s’agit de rendre hommage aux mains stéphanoises autour du ruban et de l’arme, les deux spécialités qui ont fait la richesse de la ville au 19e siècle, en les confrontant à des œuvres plus contemporaines.

Saint-Étienne est une terre de design depuis longtemps. La ville organise une biennale dédiée depuis 1998. Elle est labellisée Ville créative design de l’Unesco depuis 2010. Avec cette nouvelle galerie, elle renforce encore sa place sur l’échiquier national et même international. Aurélie Voltz, directrice de la galerie et déjà directrice du Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne, résume l’enjeu aller à l’échelle nationale rassembler un certain nombre de collections qui représentent un patrimoine absolument inestimable pour les faire dialoguer. Un pari audacieux qui mise sur l’hospitalité et le partage.

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