Économie
Saint-Denis sommée de changer son logo, la mairie s’insurge
La Licra demande à Saint-Denis de remplacer son logo, qui ressemble trop au sien. Le nouveau maire Bally Bagayoko dénonce une mise en demeure qu’il juge…


La Licra demande à Saint-Denis de remplacer son logo, qui ressemble trop au sien. Le nouveau maire Bally Bagayoko dénonce une mise en demeure qu’il juge politique et coûteuse.
Le conflit est parti d’un détail visuel. Depuis l’an dernier, la ville de Saint-Denis utilise un logo tricolore avec trois visages, adopté sous l’ancienne municipalité. Mais pour la Licra, l’association de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, cette image emprunte trop à la sienne. Problème : le même logo a été utilisé sans broncher pendant des mois. Ce n’est qu’après l’élection du nouveau maire, l’insoumis Bally Bagayoko en mars 2025, que la demande est arrivée.
Le maire a dénoncé la situation sur X. Selon lui, la précédente équipe municipale n’avait jamais été inquiétée. Alors pourquoi ce changement soudain ? Il parle d’une « mise en demeure » qui tombe au mauvais moment. Changer le logo obligerait à refaire toute la signalétique des bâtiments publics. Un coût important pour une ville aux finances serrées. « Saint-Denis ne se laissera pas intimider », a-t-il écrit, en accusant la Licra de faire une différence selon la couleur politique de l’édile.
La Licra répond avec fermeté. Son président, l’avocat Mario Stasi, assure n’avoir fait que défendre un droit de marque vieux de vingt ans. Il précise que le courrier envoyé à la mairie est sobre et technique, et qu’il est resté sans réponse pendant deux mois. Il reproche aussi au maire d’avoir monté une polémique artificielle avec un « post racoleur et inexact ». L’association insiste : peu importe qui dirige la ville, l’utilisation d’un logo non déposé à l’INPI et ressemblant au sien pose un vrai problème juridique.
Le logo en question avait été présenté en grande pompe en octobre 2024, alors que Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine préparaient leur fusion. L’ancien maire socialiste Mathieu Hanotin vantait alors une « première commune de France représentée par un logo à visage humain ». L’agence Royalties avait conçu le dessin à partir de près de 150 portraits d’habitants. Aujourd’hui, ce symbole d’unité urbaine devient un sujet de discorde politique et juridique, entre droit des marques et accusations de deux poids deux mesures.
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