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Quand l’orchestre réinvente la musique pour ceux qui peinent à l’entendre
À Paris, des musiciens tentent une expérience inédite. Avec l’aide de scientifiques, ils cherchent la formule d’un concert où les malentendants pourront…


À Paris, des musiciens tentent une expérience inédite. Avec l’aide de scientifiques, ils cherchent la formule d’un concert où les malentendants pourront enfin savourer chaque note.
C’est un drôle de face-à-face qui se joue dans une salle de la Philharmonie de Paris. D’un côté, les musiciens de l’Orchestre de Chambre de Paris. De l’autre, une petite dizaine de spectateurs tous équipés d’appareils auditifs ou d’implants. Ensemble, ils répètent le même passage de la cinquième symphonie de Beethoven. Mais à chaque fois, l’orchestre change de place. Les cordes passent derrière les vents. Puis les instruments graves s’installent devant. Le but est simple. Trouver la disposition qui rend la musique la plus claire possible pour ces oreilles fragilisées.
Les appareils auditifs et implants ne sont pas conçus pour la musique. Ils amplifient la parole dans un environnement calme. Mais en concert, le résultat est souvent catastrophique. Les patients entendent une bouillie sonore. Certains ont l’impression que les musiciens s’accordent en permanence. C’est pour résoudre ce problème que l’institut reConnect, qui réunit l’Inserm et l’Institut Pasteur, s’est associé à l’orchestre. Le projet s’appelle Ludwig’s Resonance, en hommage à Beethoven lui-même devenu sourd. L’objectif ambitieux est de présenter un concert pleinement accessible pour la Fête de la Musique 2027.
Les retours des participants sont encourageants mais contradictoires. Quand les musiciens à cordes passent derrière les vents, un spectateur s’exclame que c’est franchement mieux. Une autre applaudit une écoute plus harmonieuse. Mais au troisième essai, face à une disposition où les instruments graves sont placés devant, les avis divergent. Une participante trouve ça bien, mais une autre confie que tout se mélangeait complètement pour elle. La compositrice Aline Gorisse, qui dirige l’expérience, retient quelques leçons presque universelles. Les basses fréquences font du bien à tout le monde. En revanche, les violons un peu aigus font mal à presque tout le monde.
Pour contourner ces divergences, Aline Gorisse avance sur deux pistes. D’un côté elle réarrange des œuvres classiques comme celles de Beethoven. De l’autre elle compose une pièce originale pensée dès le départ pour être accessible aux malentendants. Elle prévoit différents moments dans sa musique pour que chacun puisse trouver son compte. Les participants, souvent des mélomanes de longue date, restent prudents. Franca Londero, une sexagénaire appareillée depuis ses vingt ans, dit participer surtout pour l’expérience. Cela lui apprend des choses sur sa propre façon d’entendre. C’est déjà un premier pas vers une musique qui ne soit plus une souffrance mais un vrai plaisir partagé.





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