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Pourquoi le futur président du Pérou risque de ne pas finir son mandat
Dimanche, les Péruviens élisent leur nouveau président entre Keiko Fujimori et Roberto Sanchez. Mais le Parlement, puissant et discrédité, a déjà fait…
Dimanche, les Péruviens élisent leur nouveau président entre Keiko Fujimori et Roberto Sanchez. Mais le Parlement, puissant et discrédité, a déjà fait tomber cinq chefs d’État depuis 2000. L’instabilité semble promise.
Le Pérou est devenu un cas d’école de l’instabilité politique. Depuis 2016, le pays a enchaîné huit présidents. Celui qui sortira des urnes dimanche sera le neuvième, et rien ne garantit qu’il ira au bout de son mandat. En cause, un article de la Constitution qui permet au Parlement de destituer le président pour « incapacité morale permanente ». Une notion floue qui a déjà servi à évincer cinq présidents directement, les autres étant poussés à la démission. « Le peuple élit un président et le Parlement le renverse », résume Leonidas Valdez, un conducteur de moto-taxi de 49 ans, dans un quartier populaire de Lima. Le système est théoriquement présidentiel, mais dans les faits, le Parlement fait la loi.
Cette toute-puissance parlementaire s’accompagne d’une défiance record. En 2025, le Parlement affichait 87% d’opinions défavorables selon Ipsos. Le parquet a ouvert des enquêtes contre 67 parlementaires pour environ 700 infractions présumées, principalement des détournements de fonds publics. Un scandale retentissant est celui des « mochasueldos », où des élus prélevaient une partie du salaire de leurs employés en échange de leur poste. Il y a aussi l’histoire du député Freddy Diaz, condamné en 2024 à 13 ans de prison pour avoir drogué et violé une collaboratrice dans son bureau. Et puis l’affaire dite de la « coupe-ongles » devenue virale en 2025 une parlementaire se faisait couper les ongles des pieds par un assistant pendant une séance.
Ni le parti de Keiko Fujimori ni celui de Roberto Sanchez n’auront la majorité absolue dans le futur Parlement, qui redeviendra bicaméral pour la première fois depuis trente ans. Le politologue Fernando Tuesta prévient que « la tentation de la destitution existera toujours ». Fujimori serait mieux protégée grâce à un tiers des sièges et des alliances possibles avec la droite. Mais pour beaucoup de Péruviens, le sentiment d’impuissance domine. « On ne sait pas vraiment entre quelles mains nous allons tomber », soupire Carmen Zuñiga, employée d’une cantine populaire à Lima. Une lassitude qui résume le paradoxe péruvien un Parlement tout-puissant mais profondément rejeté par ceux qui l’ont élu.
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