Société
Philo et orthographe, le jour où 530 000 lycéens ont dû penser juste et écrire juste
Lundi matin, les terminales ont passé l’épreuve reine de la pensée française. Entre sujets sur le bonheur et la technique, ils ont aussi dû soigner leur…


Lundi matin, les terminales ont passé l’épreuve reine de la pensée française. Entre sujets sur le bonheur et la technique, ils ont aussi dû soigner leur langue, sous l’œil du ministre.
Plus de 530 000 lycéens de terminale se sont installés dans les salles d’examen lundi. Au programme, quatre heures pour disserter ou commenter un texte philosophique. En filière générale, trois options s’offraient à eux : « Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? », « Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ? » ou un commentaire d’un passage de « Humain, trop humain » de Nietzsche. En filière technologique, les sujets portaient sur la vérité et la technique, avec un texte de Paul Ricœur. Des questions qui occupent les esprits depuis des siècles, mais qui devaient être traitées en un temps limité. Certains lycéens sont sortis confiants, d’autres épuisés. Paul, 19 ans à Strasbourg, a choisi le sujet sur la technique. Il a cité Rousseau, Descartes et Sartre dans un plan thèse antithèse synthèse. « J’ai tout donné, je vais me coucher », a-t-il lâché après une nuit blanche de révisions.
Cette année, l’épreuve de philo était aussi placée sous le signe de l’orthographe. Le ministre de l’Éducation, Edouard Geffray, a rappelé que la maîtrise de la langue compte dans toutes les matières. Il n’y aura pas de décompte précis par faute, mais un barème fixé par l’inspection générale permet de retirer des points si l’expression est jugée « manifestement insuffisante ». Une pression supplémentaire pour des élèves déjà concentrés sur le fond. Agathe, 17 ans dans les Yvelines, a anticipé. Elle a relu plusieurs fois sa copie pour éviter toute erreur. Elsa, 18 ans à Châteauroux, a préféré sortir vite. « Je n’avais qu’une envie, c’était de partir », raconte-t-elle, sans avoir pris le temps de se relire. Le ministre défend cette exigence : selon lui, une pensée claire passe par une expression correcte. La philosophie, dit-il, reste une « spécificité française » qui met le débat et la contradiction au cœur de la formation.
Les épreuves ne s’arrêtent pas là. Les terminales retrouvent les salles d’examen dès mardi pour leurs épreuves de spécialité, qui s’étalent sur trois jours. Viendra ensuite le grand oral, programmé entre le 22 juin et le 1er juillet. Les résultats finaux tomberont le 7 juillet. Depuis la réforme du bac en 2019, la note finale repose à 40 % sur le contrôle continu et à 60 % sur ces épreuves terminales. Pour les lycéens, chaque copie compte. Et cette année, les fautes aussi. Mais comme le résume Agathe, l’essentiel est de savoir ce qu’on veut dire. Et de le dire sans se tromper.
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