Société
Le fragile accord de paix déjà mis à l’épreuve par les combats au Liban
À peine signé entre les États-Unis et l’Iran, le protocole pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient est déjà secoué par une flambée de violences…


À peine signé entre les États-Unis et l’Iran, le protocole pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient est déjà secoué par une flambée de violences meurtrières au Liban. Des frappes israéliennes ont fait 21 morts, tandis que les négociations prévues en Suisse sont reportées sine die.
Vendredi, le sud du Liban a été le théâtre de raids aériens israéliens particulièrement meurtriers. Au moins 21 personnes ont été tuées et 33 blessées, selon les premiers bilans. Côté israélien, l’armée a annoncé la mort de quatre de ses soldats, dont un haut gradé. Il s’agit de l’escalade la plus grave depuis l’annonce de l’accord lundi, un texte qui prévoit pourtant un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban. Ce point était une exigence clé de Téhéran, allié du Hezbollah libanais.
Les réactions n’ont pas tardé. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis de faire payer un prix très lourd au Hezbollah, précisant que l’armée resterait dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire. Plus radical encore, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a menacé de faire brûler tout le Liban. En réponse, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé Israël de vouloir une guerre permanente. Le Hezbollah a dénoncé des massacres de civils et juré de défendre la terre libanaise avec courage.
Sur le terrain, l’inquiétude est palpable. Des centaines de familles ont fui le sud du pays, leurs voitures chargées de matelas et d’effets personnels. Zeinab Nasser, 69 ans, raconte avoir été bloquée dans les embouteillages à Saïda après le début des bombardements. Elle espère que les soldats israéliens quitteront le pays pour que les Libanais puissent enfin vivre en paix. Parallèlement, la Suisse a annoncé le report des pourparlers entre Washington et Téhéran censés régler le dossier nucléaire. Une source diplomatique émiratie pointe deux risques majeurs pour l’accord : Israël et les voix conservatrices en Iran.
Pendant ce temps, le détroit d’Ormuz, verrouillé depuis le début de la guerre par l’Iran, commence à rouvrir. Vingt-cinq navires commerciaux l’ont franchi jeudi, un record depuis mi-avril. Mais les opérations de déminage se poursuivent, et les armateurs sont appelés à la prudence. Le prix du pétrole, qui avait baissé après l’annonce de l’accord, ralentit sa chute vendredi, le baril de Brent oscillant autour de 80 dollars. La fragilité du cessez-le-feu semble déjà peser sur les marchés.
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