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Pétrole russe pourquoi l Europe n a pas encore fermé le robinet

Alors que la guerre en Ukraine entre dans son troisième hiver, plusieurs pays de l Union européenne continuent d importer du pétrole et du gaz naturel…

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Pétrole russe pourquoi l Europe n a pas encore fermé le robinet

Alors que la guerre en Ukraine entre dans son troisième hiver, plusieurs pays de l Union européenne continuent d importer du pétrole et du gaz naturel liquéfié en provenance de Russie. Un paradoxe qui met en lumière les failles du plan de décrochage énergétique européen.

Depuis février 2022, l Europe a promis de réduire sa dépendance aux hydrocarbures russes. Des sanctions historiques ont été votées à Bruxelles. Pourtant, dans les faits, le robinet n est pas complètement fermé. Certains États membres bénéficient d exemptions temporaires pour le pétrole brut. D autres continuent d acheter du gaz naturel liquéfié, le fameux GNL, qui n est tout simplement pas visé par les embargos. Le résultat est clair des milliards d euros continuent de couler vers Moscou, chaque mois.

Concrètement, ce sont surtout des pays d Europe centrale et orientale qui maintiennent ces importations. La Hongrie, la Slovaquie ou la République tchèque ont obtenu des dérogations parce qu elles sont très dépendantes des oléoducs russes. Pas question de couper du jour au lendemain sans risquer une crise énergétique. Mais ces exceptions, censées être temporaires, s éternisent. Pendant ce temps, les terminaux portuaires européens continuent d accueillir des cargaisons de GNL russe. Une aubaine pour Gazprom, qui compense en partie ses pertes sur le marché du gazoduc.

Ce paradoxe a des conséquences politiques lourdes. D un côté, l Europe affiche une volonté de sanctionner l économie de guerre russe. De l autre, elle finance encore indirectement l effort militaire de Vladimir Poutine. Les opposants à ce double discours dénoncent une hypocrisie. Mais les partisans des exemptions rappellent que couper trop vite reviendrait à pénaliser les citoyens européens. Le dilemme est donc économique et stratégique. Et tant que le GNL russe ne sera pas inclus dans les sanctions, le robinet restera entrouvert.

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