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La France s’offre un œil géant sur l’Univers

Le pays devient le 14e membre du projet SKAO, un radiotélescope hors norme en construction en Afrique et en Australie. Il promet une révolution dans notre…

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La France s'offre un œil géant sur l'Univers

Le pays devient le 14e membre du projet SKAO, un radiotélescope hors norme en construction en Afrique et en Australie. Il promet une révolution dans notre compréhension du cosmos.

C’est officiel. La France rejoint le plus grand observatoire radio jamais conçu. Le SKAO, c’est son nom, sera composé de deux réseaux d’antennes monumentaux. L’un en Afrique du Sud, avec 197 paraboles classiques. L’autre en Australie, avec plus de 130 000 petites antennes en forme d’arbres. Ensemble, ils capteront des ondes radio invisibles à nos yeux. Et ils le feront avec une précision jamais atteinte.

Pourquoi la France était-elle attendue dans ce projet ? Parce qu’elle maîtrise le calcul intensif, indispensable pour traiter les montagnes de données que va produire l’instrument. Les chercheurs français apportent aussi des siècles d’expertise en astronomie. Le président du conseil du SKAO le dit lui-même : la France est un partenaire clé alors que les premières opérations scientifiques approchent. Le consortium tricolore SKA-France regroupe déjà le CNRS, le CEA, l’Inria et plusieurs universités.

Concrètement, qu’est-ce que cela va changer ? Selon l’astrophysicien Benjamin Magnelli, le SKAO va détecter des objets dix à cent fois plus faibles que ce qui est possible aujourd’hui. La netteté des images sera cinq à dix fois meilleure. Cela va « révolutionner tous les pans de l’astrophysique » dit-il. L’étude des étoiles, des trous noirs, de notre galaxie, et même des premiers instants de l’Univers, quelques centaines de millions d’années après le Big Bang. Le télescope suivra aussi les ondes gravitationnelles et explorera l’intérieur des galaxies.

Les infrastructures sont déjà en chantier. Les antennes les plus éloignées seront séparées de 150 kilomètres en Afrique du Sud, et de 74 kilomètres en Australie. Le SKAO utilisera certains des supercalculateurs les plus puissants du monde. L’exploitation scientifique complète est attendue d’ici 2030. D’ici là, le ciel ne sera plus jamais observé de la même façon.

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