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Peter Magyar parie sur l’anti-corruption pour débloquer 16 milliards d’euros

Le nouveau Premier ministre hongrois fait adopter une loi anti-corruption ce mardi. Une étape cruciale pour convaincre l’Union européenne de dégeler les…

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Peter Magyar parie sur l'anti-corruption pour débloquer 16 milliards d'euros

Le nouveau Premier ministre hongrois fait adopter une loi anti-corruption ce mardi. Une étape cruciale pour convaincre l’Union européenne de dégeler les fonds gelés sous son prédécesseur Viktor Orban.

C’est un vote qui compte. Les députés hongrois examinent ce mardi un paquet de mesures anti-corruption. Peter Magyar, arrivé au pouvoir en avril après avoir battu Viktor Orban, en a fait sa priorité. Il veut prouver à Bruxelles que la Hongrie a tourné la page. L’Union européenne avait gelé plus de 16 milliards d’euros à cause des atteintes à l’État de droit sous l’ancien gouvernement. Si Budapest adopte les réformes nécessaires, ces fonds pourraient être débloqués d’ici la fin de l’année. Une manne financière vitale pour un pays en difficulté économique.

Le projet de loi renforce les pouvoirs de l’Autorité pour l’intégrité, un organe créé fin 2022 mais resté sans réelle efficacité. Désormais, cet organisme pourra contrôler les déclarations de patrimoine, demander des enquêtes anti-corruption et suspendre des contrats publics suspects. Le texte impose aussi des règles de transparence plus strictes pour les fonds de capital-investissement. Une mesure choc : la dissolution des fondations KEKVA, ces structures de gestion d’actifs créées sous Viktor Orban. L’État va récupérer les biens transférés, estimés à 8,5 milliards d’euros. Les responsables politiques devront aussi remplir des déclarations de patrimoine annuelles plus exigeantes, sous peine de sanctions pénales en cas d’omission volontaire.

Le Parlement s’attaque également à la réforme des médias publics. Accusés d’être devenus des outils de propagande sous l’ère Orban, ils sont largement subventionnés. La nouvelle loi prévoit la création d’une chaîne de télévision et d’une radio publiques, tandis que l’agence de presse MTI redeviendra une entité indépendante à but non lucratif. Les budgets seront désormais alloués par le Parlement, avec des montants revus à la baisse par rapport aux 450 millions d’euros de cette année. Les directeurs actuels seront révoqués, remplacés provisoirement par le ministre de la Culture. Cette procédure accélérée pour adopter les textes rappelle les pratiques du précédent gouvernement, ce qui fait grincer des dents. Lundi, les députés ont déjà modifié le règlement pour faciliter les décisions urgentes jusqu’à la fin de l’année.

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