Économie
OpenAI saute le pas de la Bourse, son rival Anthropic aussi
Les deux géants de l’intelligence artificielle viennent de déposer un dossier confidentiel pour entrer en Bourse. Une course aux milliards pour financer…

Les deux géants de l’intelligence artificielle viennent de déposer un dossier confidentiel pour entrer en Bourse. Une course aux milliards pour financer la révolution IA, alors que Wall Street attend l’introduction record de SpaceX.
C’est une annonce qui était dans les tuyaux depuis des mois. OpenAI, la société derrière ChatGPT, a confirmé lundi avoir soumis son projet d’introduction en Bourse à la SEC, le gendarme américain des marchés. Dans un bref communiqué, l’entreprise explique avoir voulu prendre les devants pour éviter les fuites. Mais attention, pas de précipitation. Le calendrier n’est pas fixé et OpenAI prévient que certaines choses sont plus simples à gérer sans être cotée. Cette procédure confidentielle permet de tester le terrain sans exposer ses finances aux concurrents. Une manière habile de jauger l’appétit des investisseurs.
Le timing n’a rien d’un hasard. Une semaine plus tôt, Anthropic, le rival basé lui aussi à San Francisco, avait fait exactement la même démarche. Les deux laboratoires d’IA sont pris dans la même tornade financière. Pour suivre le rythme effréné de l’innovation, il faut des milliards. Des milliards pour acheter des processeurs par milliers, construire des datacenters énergivores et attirer les meilleurs talents. Le secteur porte aujourd’hui une grande partie de la croissance américaine. Résultat, les valorisations privées explosent. OpenAI pèse déjà plus de 850 milliards de dollars en dix ans d’existence. Anthropic frôle les mille milliards en seulement cinq ans. Des chiffres qui donnent le vertige.
Mais il y a un os. OpenAI a beau compter près d’un milliard d’utilisateurs chaque semaine, son concurrent l’a dépassé en valorisation et en prévisions de revenus. Anthropic, créé par d’anciens employés d’OpenAI, a misé sur les usages professionnels, plus rentables que le grand public. Pour rattraper son retard sur la rentabilité, OpenAI a opéré un virage serré cet hiver. Finie l’application de vidéos courtes Sora, terminé le projet de chatbot érotique. Place aux outils pro. Résultat, son outil de code Codex est passé de trois à cinq millions d’utilisateurs hebdomadaires en quelques semaines. Un signe que la stratégie commence à payer.
OpenAI garde un atout de taille. Elle dispose de plus de puissance de calcul qu’Anthropic, qui a dû louer le supercalculateur d’Elon Musk le mois dernier pour ne pas ralentir. Mais la partie est loin d’être gagnée. Anthropic vient d’enregistrer le retour d’Andrej Karpathy, un cofondateur d’OpenAI que Musk avait débauché en 2017. Et au-delà des marchés, l’État fédéral pourrait entrer dans la partie. Selon des médias américains, OpenAI discute avec l’administration Trump d’un don de parts pour lancer un fonds souverain. Le président américain a confirmé les échanges le 5 juin, parlant d’un « partenariat ». Le sénateur Bernie Sanders va plus loin et réclame 50% de participation publique. Le débat sur le coût et les risques de l’IA ne fait que commencer.
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