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Nouvelle-Calédonie un archipel sous tension va voter pour repenser son avenir

Le 28 juin, les Calédoniens élisent leurs assemblées provinciales deux ans après des émeutes meurtrières. Un scrutin décisif dans un paysage politique…

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Nouvelle-Calédonie un archipel sous tension va voter pour repenser son avenir

Le 28 juin, les Calédoniens élisent leurs assemblées provinciales deux ans après des émeutes meurtrières. Un scrutin décisif dans un paysage politique fragmenté, entre crise économique et quête de souveraineté.

Plus de 190 000 électeurs, un chiffre en légère hausse grâce à l’intégration de 10 500 natifs, sont appelés aux urnes. Ils devront renouveler les trois provinces Nord, Sud et îles Loyauté, qui désigneront ensuite les 54 membres du Congrès chargés de former le futur gouvernement. Ce vote intervient dans un climat lourd, marqué par les violences de mai 2024 qui ont fait 14 morts et plongé l’archipel dans une profonde récession. Les discussions autour de l’accord de Bougival ont échoué. Et une ordonnance de non-lieu en faveur des militants de la CCAT, accusés d’avoir organisé les émeutes, a été rendue vendredi, mais le parquet de Paris a fait appel. La décision n’est pas définitive.

La province Sud, qui concentre près des trois quarts de la population, n’a jamais vu autant de listes en lice. Elles sont douze, contre six en 2014 et onze en 2019. Ce foisonnement traduit une recomposition politique profonde. Autrefois dominée par Calédonie ensemble, la scène centriste est désormais éclatée. On trouve la liste de Walles Kotra soutenue par ce parti, celle de Philippe Dunoyer, un ancien député qui a claqué la porte il y a quelques semaines, l’Éveil océanien de Milakulo Tukumuli, et d’autres comme Faire Pays ou Construire autrement. Côté indépendantiste, l’ordre n’est pas non plus au rendez-vous. Le FLNKS part avec sa propre liste en province Sud, « Kanaky pour tous », tandis que l’UNI fait cavalier seul derrière Louis Mapou, ancien président du gouvernement pro-Bougival.

Deux grandes lignes de fracture traversent ce scrutin. La première est institutionnelle. Les Loyalistes veulent maintenir la Nouvelle-Calédonie dans la République française. En face, la majorité des listes défendent l’idée d’une souveraineté en partenariat avec la France. La seconde fracture est économique et sociale. La crise née des violences a remis sur le tapis le pouvoir d’achat, l’emploi, les inégalités et la jeunesse. Sur ces thèmes, les listes affichent des sensibilités très différentes. Dans la province Nord, le scrutin sera marqué par la candidature de Paul Néaoutyine, figure historique du Palika et président de la province depuis 1999, qui mène une liste hostile à l’accord de Bougival. Face à lui, l’Union calédonienne mise sur Pascal Sawa, maire de Houaïlou. Une liste non-indépendantiste tentera de préserver une présence loyaliste dans une province très largement acquise aux indépendantistes. Aux îles Loyauté, l’ancien président Jacques Lalié affronte la liste officielle de l’UC-FLNKS menée par Mickaël Forrest. L’UNI espère confirmer sa progression enregistrée au précédent scrutin.

L’un des enjeux majeurs reste la participation. En province Sud, elle était de 71,95% en 2014, puis 67,23% en 2019. Deux ans après les émeutes de 2024 et dans un contexte de crise économique persistante, la capacité des listes à mobiliser leur électorat pourrait peser autant que les équilibres politiques. La défiance envers la classe politique est forte. Le résultat de ce vote dessinera le visage d’une Nouvelle-Calédonie en pleine transformation, entre héritage colonial, aspirations indépendantistes et urgence sociale.

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