Économie
Nestlé recentre sa stratégie sur quatre piliers après une année difficile


Le géant agroalimentaire annonce une réorientation de ses investissements vers ses activités les plus rentables, dans un contexte marqué par des résultats en retrait et les conséquences d’un vaste rappel de produits.
Le groupe Nestlé a dévoilé son intention de concentrer ses efforts sur quatre domaines stratégiques pour relancer sa croissance. Cette annonce intervient lors de la publication de résultats annuels montrant un recul de son chiffre d’affaires et de son bénéfice net. La direction a choisi de privilégier le café, la nutrition, l’alimentation pour animaux de compagnie, ainsi que les marques régionales leaders dans les segments culinaires et des snacks. Ces secteurs représentent collectivement plus des deux tiers des revenus du groupe.
Le nouveau directeur général, Philip Navratil, a précisé que cette orientation s’accompagnerait d’une allocation resserrée des ressources vers les marques les plus performantes et les produits au potentiel jugé le plus élevé. Dans le cadre de cette rationalisation, le groupe a confirmé être en discussions avancées pour céder ses activités restantes dans les glaces à la société Froneri. Cette opération, dont le processus formel a débuté au premier trimestre, devrait conduire à une déconsolidation comptable à partir de 2027.
Sur l’exercice écoulé, le bénéfice net a reculé de 17 pour cent, s’établissant à neuf milliards de francs suisses. Le chiffre d’affaires, quant à lui, a diminué de deux pour cent, pour atteindre 89,5 milliards de francs. La croissance organique du groupe s’est établie à 3,5 pour cent, portée à la fois par une légère progression des volumes et par des hausses de prix. Pour l’année à venir, Nestlé anticipe une croissance organique comprise entre trois et quatre pour cent, intégrant dans ses prévisions l’impact des ruptures de stock liées aux récents rappels de laits infantiles.
Cette période de résultats contraste avec une succession de défis rencontrés par le groupe ces dernières années. Après la période inflationniste de 2022, qui a pesé sur le pouvoir d’achat des consommateurs et favorisé les marques de distributeurs, Nestlé a dû gérer plusieurs crises sanitaires affectant différentes lignes de produits. La plus récente concerne la détection de céréulide, une toxine, sur une ligne de production aux Pays-Bas, ayant conduit à un rappel mondial de laits infantiles à partir de décembre dernier. La contamination, dont la source a été identifiée comme un ingrédient fourni par un tiers, a également touché d’autres acteurs du secteur. La direction, renouvelée récemment avec l’arrivée de Philip Navratil, hérite ainsi du double défi de restaurer la confiance et de redynamiser la performance commerciale.





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