Planète
Naissance d’un cachalot dans les eaux de la Dominique, un événement scientifique exceptionnel


Pour la première fois, des chercheurs ont pu documenter en milieu naturel la mise bas d’un cachalot et l’assistance immédiate apportée par son clan au nouveau-né. Une observation rarissime qui éclaire des comportements ancestraux essentiels à la survie de l’espèce.
Au large de la Dominique, dans l’archipel des Caraïbes, une équipe scientifique a été le témoin privilégié d’un phénomène rarement capté par l’œil humain. En juillet 2023, les membres du projet CETI, une initiative internationale dédiée à l’étude de la communication acoustique des cétacés, ont assisté à la naissance d’un cachalot au sein d’un groupe de onze individus. La mère, une femelle de 19 ans répondant au nom de Rounder, a donné naissance à son deuxième petit après une gestation de près de seize mois.
Pendant plus de cinq heures, les scientifiques ont pu suivre l’événement depuis leur embarcation, en recourant à des drones aériens et à des hydrophones pour enregistrer les sons sous-marins. La séquence de la mise bas elle-même a duré trente-quatre minutes. Immédiatement après l’expulsion du nouveau-né, long d’environ quatre mètres, le comportement du clan a radicalement changé. Plusieurs femelles adultes se sont activement mobilisées pour soutenir le baleineau, le maintenant à la surface de l’eau à l’aide de leurs corps et de leurs têtes.
Ce geste d’assistance collective, qui semble remonter à plus de trente-six millions d’années, revêt une importance vitale. Les petits cachalots, bien que devenant rapidement de bons nageurs, ont initialement tendance à couler. Les aider à atteindre la surface pour leur première respiration constitue donc une adaptation évolutive cruciale pour éviter la noyade. Les chercheurs soulignent que, parmi les mammifères, seuls les primates – humains inclus – sont connus pour déployer une aide active comparable lors des naissances.
L’analyse acoustique a par ailleurs révélé une modulation significative des vocalises émises par le groupe pendant et après la naissance. Ces variations sonores semblent avoir servi à coordonner les efforts d’assistance et à protéger le nouveau-né de l’approche d’autres cétacés. La survie du petit, repéré en bonne santé un an plus tard au sein de son clan, confirme l’efficacité de ces comportements sociaux complexes. Cette observation unique offre une fenêtre précieuse sur la vie secrète de ces géants des profondeurs.





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