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Marc Bloch l’historien résistant qui entre dans la lumière du Panthéon

Ce mardi, l’historien et résistant Marc Bloch rejoint les grandes figures de la République au Panthéon. Un hommage solennel à un homme qui a payé de sa…

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Marc Bloch l'historien résistant qui entre dans la lumière du Panthéon

Ce mardi, l’historien et résistant Marc Bloch rejoint les grandes figures de la République au Panthéon. Un hommage solennel à un homme qui a payé de sa vie son refus de la défaite et du conformisme.

Marc Bloch n’est pas un inconnu. C’est l’un des plus grands historiens français du XXe siècle, cofondateur de la célèbre revue des Annales. Il a révolutionné sa discipline en la mêlant à l’anthropologie, à l’économie et à la sociologie. Mais il est aussi un soldat et un résistant. Engagé volontaire pendant la Première Guerre mondiale, il reprend les armes en 1939 à près de 53 ans. Après l’armistice de 1940, il rejoint la clandestinité à Lyon sous le faux nom de Narbonne. Arrêté par la Gestapo en mars 1944, il est torturé puis exécuté le 16 juin 1944, criant « Vive la France » avant de tomber.

La cérémonie de panthéonisation se déroule en soirée, place du Panthéon à Paris. Le président Emmanuel Macron prononce un discours après la lecture d’extraits du testament spirituel de Marc Bloch. Les cercueils de l’historien et de son épouse Simonne Vidal remontent la rue Soufflot, portés par des soldats. Mais attention, ces cercueils sont vides. La famille a souhaité que le corps de Marc Bloch reste dans un cimetière de la Creuse, où il repose depuis 1944. Celui de Simonne, morte sous un faux nom en juillet 1944, n’a jamais été retrouvé. Les cercueils contiennent des objets symboliques : médailles, lettres, photos et le fameux testament.

Pour Emmanuel Macron, cette panthéonisation est un message politique fort. Il voit en Marc Bloch un « témoin du désastre de 1940 » et un avertissement contre ce qu’il appelle la « volonté française émoussée, endormie, amollie ». L’historien avait écrit « L’Étrange Défaite », un livre où il analyse la débâcle de l’armée française face à l’Allemagne nazie. Un texte qui résonne encore aujourd’hui, selon le président, face aux menaces de révisionnisme et de repli identitaire. La famille de Marc Bloch a d’ailleurs demandé que l’extrême droite soit exclue de la cérémonie, rappelant l’engagement « profondément antinationaliste » de l’historien. Marine Le Pen a décliné l’invitation.

Derrière l’hommage officiel, c’est toute une conception de l’histoire et de l’engagement qui est célébrée. Marc Bloch n’était pas un intellectuel encarté dans un parti. Il refusait les étiquettes. Il était juif mais athée, et sa famille s’est opposée à toute « récupération communautaire ». Pour lui, la République était la seule foi. Patrick Boucheron, historien, résume : « Il représente la rencontre entre le courage et la modération. » Un équilibre rare qui fait de lui une figure toujours actuelle, capable de parler aux générations d’aujourd’hui.

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