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L’Ukraine mise sur l’éolien et le solaire pour survivre aux frappes russes
Sous les bombardements, le pays accélère sa transition vers des énergies décentralisées. Une stratégie de survie qui porte ses fruits, mais se heurte à…


Sous les bombardements, le pays accélère sa transition vers des énergies décentralisées. Une stratégie de survie qui porte ses fruits, mais se heurte à des obstacles bien réels.
Depuis l’invasion russe de 2022, Moscou cible sans relâche les infrastructures électriques ukrainiennes. Résultat des coupures de courant massives plongent des millions de personnes dans le noir et le froid. Pour y faire face, Kiev a dû repenser son réseau. Fini le temps où tout reposait sur quelques grandes centrales héritées de l’époque soviétique faciles à paralyser. Place à un système plus dispersé. Le solaire, l’éolien et la bioénergie ont pris une importance stratégique. Un rapport du ministère de l’Énergie l’an dernier qualifiait cette diversification de « fondement de la résilience » du pays.
Le parc éolien d’Oriv, dans l’ouest près de Lviv, illustre cette nouvelle donne. Mis en service en 2024, il compte dix énormes éoliennes qui tournent lentement sur une crête verte. Il couvre aujourd’hui 5% de la consommation de la région et peut alimenter des dizaines de milliers de foyers. « C’est un soutien incroyable pour le système énergétique dans des moments difficiles », explique Marine Abramian, de Greenpeace Ukraine. Pourtant, le chemin est rude. Avant 2022, l’Ukraine possédait environ 1,67 GW de capacité éolienne, surtout près de la mer d’Azov. Aujourd’hui, 90% de ces installations sont perdues, détruites ou occupées par les Russes.
Le pays a fixé un cap ambitieux pour 2030 atteindre 27% d’énergie verte dans sa production électrique, avec 6,2 GW d’éolien et 12,2 GW de solaire. Depuis le début de la guerre, 700 MW de nouvelles capacités renouvelables ont été construites, dont près de la moitié en 2025. Des projets comme Tiligoul et Dnister dans le sud, ou d’autres dans les Carpates, sortent de terre. Parallèlement, entreprises et collectivités investissent dans de petites installations solaires pour s’assurer un minimum d’autonomie pendant les coupures. Aujourd’hui, les énergies vertes représentent 11% de la production électrique ukrainienne, contre 9% avant la guerre, selon les chiffres officiels.
Mais la guerre impose des contraintes énormes. À Oriv, le projet cofinancé par des groupes ukrainien et tchèque a dû se passer des transporteurs étrangers, trop inquiets pour envoyer leur personnel. Les composants ont été rechargés à la frontière polonaise et acheminés sans assurance, à leurs risques et périls. « L’absence d’assurance couvrant les risques de guerre freine fondamentalement le développement des projets », souligne Oleksandr Kharchenko, directeur d’un centre de recherche énergétique à Kiev. Autre problème le manque de batteries pour stocker l’électricité et stabiliser un réseau sans cesse déstabilisé par les frappes. Des investissements massifs dans le stockage sont urgents, insistent les experts. Eco-Optima, l’opérateur d’Oriv, prévoit d’ajouter un système de batteries de 60 MWh pour pouvoir réinjecter l’énergie au bon moment. Une pièce de plus dans le puzzle de la résistance énergétique ukrainienne.
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