Monde
Iran et États-Unis scellent un accord sans se rencontrer
Les présidents iranien et américain ont paraphé à distance un protocole d’accord qui met fin à des mois de conflit. Téhéran accepte de diluer son uranium…


Les présidents iranien et américain ont paraphé à distance un protocole d’accord qui met fin à des mois de conflit. Téhéran accepte de diluer son uranium enrichi et de rouvrir le détroit d’Ormuz en échange de la levée des sanctions.
Mercredi soir, un geste diplomatique inédit s’est produit. Donald Trump, en visite en France, et Massoud Pezeshkian, depuis Téhéran, ont signé le même texte sans jamais être dans la même pièce. Ce protocole d’accord met fin à la guerre déclenchée fin février entre les États-Unis et Israël d’un côté et l’Iran de l’autre. Le conflit a fait des milliers de victimes, principalement en Iran et au Liban. Le texte inclut également le front libanais, où le Hezbollah, allié de Téhéran, est entré en jeu dès mars en tirant des roquettes contre Israël.
Cette signature à distance rend caduque la cérémonie formelle prévue en Suisse vendredi entre le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Ce dernier a d’ailleurs déclaré à la télévision d’État que l’accord actait l’échec des États-Unis. Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a salué une grande victoire pour l’Iran et appelé à en profiter pour expulser Israël du Liban. Il a aussi demandé au gouvernement libanais de stopper les négociations directes avec Israël, engagées en avril sous l’égide de Washington. Le président libanais Joseph Aoun avait pourtant assuré que ce processus était indépendant de l’accord américano-iranien.
Concrètement, le texte prévoit que les États-Unis suspendent immédiatement leurs sanctions sur le pétrole iranien. Une période de négociations de soixante jours s’ouvre pour aboutir à un accord définitif. Pendant ce temps, l’Iran devra diluer ses stocks d’uranium enrichi sous la supervision de l’AIEA. Dans les trente jours, il devra aussi rétablir la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, dont le blocage perturbe l’économie mondiale. En cas d’accord final, les Américains faciliteront le déblocage d’un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l’Iran, sans mise de fonds de leur part. Les cours du pétrole ont légèrement grimpé mercredi, le Brent atteignant 79,55 dollars le baril. Le G7 a salué une opportunité historique pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, tandis que la Chine a insisté sur la nécessité d’une application stricte et sans ingérence extérieure.
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