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Le technicien de l’ascenseur qui a tué Ismaïl risque 18 mois de prison avec sursis
Le parquet a requis une peine de 18 mois de prison avec sursis contre un technicien de 67 ans. Il est jugé pour homicide involontaire après la mort d’un…


Le parquet a requis une peine de 18 mois de prison avec sursis contre un technicien de 67 ans. Il est jugé pour homicide involontaire après la mort d’un enfant de 4 ans dans une chute d’ascenseur en 2018.
Le 8 juin 2018, Ismaïl avait 4 ans. Ce jour-là, sa famille se rend au centre commercial Côté Seine à Argenteuil. Au premier étage, une partie de la famille sort de l’ascenseur. Le petit garçon les suit quand la cabine chute brusquement. Il se retrouve coincé au niveau du thorax entre la cage et le palier. Sa mère, restée bloquée dans la cabine, assiste à la scène. Ismaïl meurt sur place.
Trois ans plus tôt, en 2015, un technicien était intervenu sur cet ascenseur hydraulique pour réparer une fuite d’huile. Il avait changé un flexible, un tuyau qui transporte l’huile. Mais le raccordement n’avait pas été fait correctement, selon les expertises. Cette erreur aurait fragilisé l’ensemble. Pendant trois ans, le défaut est resté invisible. Puis, au pire moment, la cabine a chuté. Le technicien, Jean-Marc H., aujourd’hui 67 ans, reconnaît une erreur mais ne sait pas l’expliquer. Il parle d’une « mauvaise interprétation du tableau de sertissage ». Son employeur de l’époque, Bagneux Hydraulique, et l’assembleur TK Elevator sont aussi poursuivis. La procureure a requis 150 000 euros d’amende pour TK Elevator et 80 000 euros pour Bagneux Hydraulique, avec affichage des condamnations. Elle s’est dite « effarée » par l’attitude des mis en cause.
À la barre, la mère d’Ismaïl a pris la parole. Cela a ému l’assistance. « Cela fait 8 ans que j’attends ce moment, 8 ans que je vis avec une question qui me hante », a-t-elle dit. Elle a décrit les nuits sans sommeil, les anniversaires devenus des épreuves. Son fils aîné, alors âgé de 6 ans, était dans l’ascenseur. « Il a vu ce qu’aucun enfant ne devrait voir », a-t-elle ajouté. Sa petite sœur, elle, a grandi dans l’ombre de ce drame. La mère a aussi dénoncé l’absence d’un « taquet » qui aurait pu arrêter la chute de la cabine. Ce système n’était pas obligatoire, selon TK Elevator. Mais pour la procureure et les avocats des parties civiles, ce drame n’était pas une fatalité. « Ismaïl n’est pas mort d’un accident, il est mort d’une chaîne de négligences », a résumé Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille. Le jugement est attendu après les plaidoiries de la défense.
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