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Trump met la pression sur ses propres sénateurs avec le poste de chef du renseignement
Pour remettre au pas des élus républicains qui commencent à s’émanciper, Donald Trump utilise le poste de directeur du renseignement national comme un…

Pour remettre au pas des élus républicains qui commencent à s’émanciper, Donald Trump utilise le poste de directeur du renseignement national comme un levier politique. Résultat: une audition annulée et des tensions qui montent dans son camp.
Depuis plusieurs semaines, quelques sénateurs républicains osent s’opposer au président. Fin mai, quatre d’entre eux ont voté pour avancer une résolution exigeant la fin de la guerre en Iran, un texte que la Maison Blanche rejetait. Un signe que l’emprise de Donald Trump sur le Congrès n’est plus aussi totale qu’au début de son second mandat. Mais le président a riposté. Son arme? Le poste stratégique de directeur du renseignement national, celui qui chapeaute des agences comme la CIA. En nommant Bill Pulte par intérim, un fidèle sans aucune expérience dans la sécurité nationale, il a provoqué l’inquiétude jusque dans son camp. Plusieurs sénateurs républicains ont émis de vives réserves.
Pour contrer cette nomination intérimaire, les chefs républicains au Sénat ont accéléré le processus de confirmation d’un autre candidat, Jay Clayton, un ancien patron de l’autorité boursière jugé plus consensuel. L’audition était prévue mercredi. Mais Donald Trump a tout bloqué. Sur son réseau Truth Social, il a annoncé annuler l’audition tant que le poste de procureur fédéral de New York, actuellement occupé par Clayton, ne serait pas attribué à un avocat qui s’est occupé de ses propres affaires judiciaires. Une manœuvre pour reprendre le contrôle et couper l’herbe sous le pied des sénateurs de sa majorité. Le chef républicain de la commission du renseignement, Tom Cotton, a répondu laconiquement qu’il maintiendrait l’audition, sauf si le président retirait sa nomination.
Le sénateur démocrate Mark Warner a dénoncé une décision qui fait de la sécurité nationale « un instrument de marchandage politique ». Il a condamné le « chaos et la confusion » venus de la Maison Blanche. Bill Pulte, l’homme d’affaires sans expérience en renseignement, doit prendre ses fonctions vendredi si Jay Clayton n’est pas confirmé. L’opposition craint que le président ne l’utilise pour lancer des opérations de vengeance politique ou perturber des élections. Donald Trump lui a déjà demandé de tailler dans les effectifs de son bureau. En jouant ainsi avec les nominations, le président envoie un message clair à son camp les dissensions ne seront pas tolérées, même au prix de l’instabilité dans les plus hautes sphères du renseignement américain.
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