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L’Euro numérique va passer un vote clé !

Le Parlement européen s’apprête à voter une étape clé pour lancer l’euro numérique, une monnaie virtuelle pensée pour concurrencer Visa, Mastercard et…

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L'Europe veut son propre système de paiement et ça change tout pour nos portefeuilles

Le Parlement européen s’apprête à voter une étape clé pour lancer l’euro numérique, une monnaie virtuelle pensée pour concurrencer Visa, Mastercard et Apple Pay. Objectif : réduire la dépendance du Vieux Continent aux géants américains.

Derrière le nom un peu technique se cache une vraie révolution pour nos habitudes de consommation. L’euro numérique, c’est tout simplement une version dématérialisée de notre monnaie actuelle, gérée par la Banque centrale européenne. Un euro numérique vaudra exactement un euro en pièce ou en billet. Pas de cryptomonnaie spéculative ici, mais un outil pensé pour payer en magasin, en ligne ou entre particuliers, sans passer par les réseaux privés américains qui dominent le marché aujourd’hui. Car le constat est implacable près des deux tiers des paiements dans la zone euro sont aujourd’hui traités par des entreprises non européennes. Treize pays de la zone euro n’ont même plus leur propre système national de carte bancaire pour les achats du quotidien. Les souvenirs sont encore vifs quand des juges de la Cour pénale internationale se sont retrouvés du jour au lendemain privés de leur carte Visa à cause de sanctions américaines.

Concrètement, comment ça marchera ? Il faudra ouvrir un compte spécial dans sa banque ou dans un bureau de poste, y transférer de l’argent depuis un compte classique, ou déposer des espèces. Ensuite, on pourra payer avec son téléphone, une carte dédiée ou via une application. Le système promet une confidentialité renforcée, avec un mode hors ligne qui garantit une discrétion totale, comme pour les espèces. La BCE travaille aussi sur des fonctionnalités modernes comme le paiement conditionnel, par exemple régler seulement après réception du colis. De quoi concurrencer les solutions proposées par PayPal ou Apple Pay, mais avec la garantie d’une monnaie publique européenne.

Mais tout le monde n’est pas emballé. Les banques traditionnelles montent au créneau, et elles ont plusieurs raisons de s’inquiéter. D’abord le coût elles estiment que l’ensemble du secteur bancaire devrait débourser jusqu’à 18 milliards d’euros pour s’adapter, là où la BCE avance un chiffre bien plus bas, entre 4 et 5,8 milliards. Ensuite, elles redoutent que leurs clients transfèrent une partie de leurs dépôts vers ce nouveau compte, ce qui affaiblirait leurs bilans. La BCE balaye cet argument en expliquant que la conception du système empêche justement les retraits massifs. Enfin, les grandes banques voient dans l’euro numérique un concurrent direct de leur propre projet paneuropéen appelé Wero. Un vrai bras de fer.

Le calendrier, lui, se précise. La BCE espère lancer les premiers euros numériques en 2029, à condition que le cadre légal soit adopté d’ici fin 2025. Le vote décisif de mardi au Parlement européen devrait débloquer les négociations avec les États membres, après trois ans d’enlisement. Si tout se passe bien, une phase pilote débuterait mi-2027 pour tester le dispositif avant son déploiement complet. L’objectif est clair renforcer la souveraineté européenne dans un secteur où les géants américains règnent sans partage. Et pour nous, cela signifie à terme un choix de paiement supplémentaire, plus indépendant et potentiellement plus protecteur de notre vie privée.

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