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L’Europe blindée s’unit pour entrer en Bourse

Paris et Berlin ont enfin trouvé un terrain d’entente sur KNDS. L’accord ouvre la porte à une des plus grosses cotations en Bourse en Europe et relance le…

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L'Europe blindée s'unit pour entrer en Bourse

Paris et Berlin ont enfin trouvé un terrain d’entente sur KNDS. L’accord ouvre la porte à une des plus grosses cotations en Bourse en Europe et relance le projet de char du futur.

Ce lundi, les gouvernements français et allemand ont annoncé un accord historique sur la stratégie et la gouvernance de KNDS. Ce groupe est né en 2015 du mariage entre le français Nexter et l’allemand KMW. Aujourd’hui, il fournit des chars de combat, des canons Caesar ou encore des véhicules blindés à plusieurs armées européennes. L’idée est simple. Les deux pays veulent devenir co-actionnaires avec une répartition paritaire. Pour l’instant, la France détient 50% du capital et Berlin monte à 40%. L’objectif final, c’est une parité parfaite. La ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, a expliqué que cette participation permettrait de sécuriser des technologies clés, de la valeur industrielle et des emplois en Allemagne. Elle insiste sur le fait qu’à l’avenir, les deux nations décideront sur un pied d’égalité du développement d’une entreprise essentielle pour la défense européenne.

Cet accord intervient dans un contexte tendu. Le programme d’avion de combat du futur, le Scaf, a capoté à cause de dissensions industrielles. Beaucoup doutaient que la coopération franco-allemande dans la défense puisse survivre. Le patron de Rheinmetall, un géant allemand de l’armement, avait même spéculé sur un possible désengagement français du projet de char du futur, le MGCS. Mais Paris et Berlin montrent qu’ils peuvent encore s’entendre. KNDS est un acteur clé face aux concurrents américains comme General Dynamics. Ses produits, des chars Leclerc aux obusiers Caesar, équipent des milliers de soldats. L’enjeu est donc stratégique. Au-delà de la gouvernance, cet accord prépare le terrain pour une introduction en Bourse massive.

L’opération valoriserait KNDS entre 15 et 18 milliards d’euros. La cotation est envisagée à Paris et à Francfort. Ce serait l’une des plus grosses entrées en Bourse en Europe ces dernières années. Mais tout n’est pas encore signé. L’accord reste soumis à l’approbation du Parlement allemand mercredi. Le ministère de la Défense allemand a reconnu un calendrier serré et un accord avec la famille Wegmann, les propriétaires historiques de KNDS, doit encore être finalisé. Du côté français, on insiste sur la parité parfaite, mais une future cotation pourrait diluer la participation de l’État. Parallèlement, le projet MGCS, censé remplacer les chars Leclerc et Leopard 2 d’ici 2040, continue d’avancer malgré dix ans de retard. La semaine dernière, KNDS a dévoilé son char de transition Capint au salon Eurosatory. Un signe que l’industrie blindée européenne tient le cap, en attendant que les actionnaires trouvent leur équilibre.

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