Économie
L’État met la pression sur le repreneur de l’usine de pâte à papier
Le gouvernement freine des quatre fers sur le projet de reprise de Fibre Excellence, qui emploie 670 salariés dans deux sites en France. Le ministre de…

Le gouvernement freine des quatre fers sur le projet de reprise de Fibre Excellence, qui emploie 670 salariés dans deux sites en France. Le ministre de l’Industrie refuse d’avaliser un plan sans investisseur industriel solide.
La tension monte autour de l’avenir des deux dernières usines françaises de pâte à papier. Placé en redressement judiciaire fin avril, le groupe Fibre Excellence est à l’arrêt depuis plusieurs semaines. Ses sites de Saint-Gaudens et Tarascon, qui emploient 670 personnes, menacent de disparaître. Et avec eux, toute une filière de plus de 10 000 emplois. Les collectivités locales et les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Ils ont écrit au Premier ministre pour réclamer des garanties avant une audience décisive au tribunal de commerce de Toulouse, prévue le 17 juin.
Mais mercredi, le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a douché les espoirs. Devant l’Assemblée nationale, il a estimé que le projet de reprise porté par la direction actuelle manquait de crédibilité. Son reproche est clair. Il n’y a pas, selon lui, de véritable investisseur industriel derrière l’offre. Le ministre a précisé que l’actionnaire historique, un riche Indonésien de la famille Wijaya, pilier du géant mondial Asia Pulp and Paper, a jeté l’éponge après avoir perdu près de 300 millions d’euros. Il gère l’entreprise depuis l’Indonésie ou le Canada, loin des réalités du terrain. Pour l’État, ce n’est pas acceptable.
Le cœur du problème, c’est la rentabilité. Fibre Excellence produit de la pâte à papier, mais aussi de l’électricité à partir de bois et de copeaux. Problème, le prix de ces matières premières a explosé ces dernières années. Résultat, cette activité secondaire est devenue déficitaire et plombe les comptes du groupe. Pour l’aider, le gouvernement a proposé de relever le tarif de rachat de l’électricité par EDF. Une hausse qui pourrait atteindre 20% sous certaines conditions. Mais la direction de Fibre Excellence juge cette augmentation insuffisante. Elle réclame aussi un accès sécurisé au bois via l’Office national des forêts, ainsi qu’un ensemble d’aides publiques.
Le ministre ne promet rien de plus. Il assure que l’État a déjà fait un geste avec la hausse du prix de l’électricité. Et il prévient. Il veut un repreneur qui mette les mains dans le cambouis, pas un actionnaire lointain. De son côté, la direction actuelle continue de préparer son plan. Elle chiffre à 15 millions d’euros les fonds propres nécessaires et affirme avoir déjà sécurisé 8 millions grâce aux régions Occitanie et Paca. Pour relancer l’activité, il faudrait 45 millions d’euros supplémentaires. Des discussions seraient en cours avec des industriels. Mais le temps presse. Le tribunal de commerce tranchera dans moins de deux semaines.
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