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Les trains du quotidien paralysés par la grève des cheminots
Mercredi, les usagers des TER et des RER vont devoir trouver un autre moyen de transport. Les syndicats dénoncent l’ouverture à la concurrence et…


Mercredi, les usagers des TER et des RER vont devoir trouver un autre moyen de transport. Les syndicats dénoncent l’ouverture à la concurrence et réclament des hausses de salaire.
Les perturbations s’annoncent sévères sur les lignes régionales et de banlieue. La SNCF prévoit un trafic “fortement perturbé” toute la journée pour ce qu’elle appelle les trains du quotidien. Côté grandes lignes, un TGV sur trois sera annulé, et un Intercités sur deux. Les quatre principaux syndicats de l’entreprise (CGT, Unsa, SUD-Rail et CFDT) ont lancé l’appel à la grève pour 24 heures. Ils exigent un moratoire sur l’ouverture à la concurrence et des hausses de salaire face à l’inflation.
En Île-de-France, le constat est clair. Seul le RER A devrait être épargné. Sur les autres lignes, un train sur deux circulera sur les lignes J, K et L, un sur trois sur les lignes H, N, P, U, RER C et RER E. Aucun train ne reliera Juvisy à Melun. Transilien et Île-de-France Mobilités conseillent aux voyageurs de reporter leurs déplacements si possible. Le mouvement a d’ailleurs commencé dès mardi soir avec des annulations de TGV vers Saint-Brieuc, Poitiers et Nantes, ainsi que d’un Eurostar pour Londres et d’un autre pour Bruxelles.
Au cœur de la contestation, il y a la transformation massive du modèle ferroviaire. Depuis l’an dernier, les régions lancent des appels d’offres pour choisir l’opérateur de leurs lignes TER. Même si la SNCF remporte l’appel d’offres, elle doit créer une nouvelle filiale privée et y transférer ses salariés. Julien Delion, conducteur et secrétaire CGT à Bayonne, explique que les agents perdent leurs avantages sociaux après quelques mois. Ils passent sous un accord de branche moins protecteur, avec moins de jours de repos et des temps de travail plus longs. Ceux qui refusent le transfert risquent le licenciement, car tout un territoire bascule. Dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, où l’ouverture à la concurrence approche, l’ambiance est très anxiogène. Au total, 27 000 salariés SNCF sont concernés par ces filialisations. Neuf régions TER sur onze ont déjà lancé ou s’apprêtent à lancer des appels d’offres. Seules l’Occitanie et la Bretagne attendent la fin de leur convention avec la SNCF, mais d’ici 2033, toutes les lignes devront être mises en concurrence.
Les syndicats dressent un parallèle avec France Telecom il y a quelques années. Le bouleversement est tel que ce sont les plus fragiles qui trinquent. Depuis début 2026, treize suicides ont été comptés à la SNCF. Les élus voient dans la concurrence un moyen d’améliorer la qualité et le nombre de trains. Mais les salariés estiment que les gains de productivité se font sur leur dos. Pour les voyageurs du quotidien, cette grève est un avant-goût des tensions à venir. La bataille sur les rails ne fait que commencer.





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