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Les pilules minceur remboursées enfin en France mais le parcours du combattant commence

À partir de ce lundi, les médicaments contre l’obésité comme Wegovy et Mounjaro sont pris en charge par la Sécurité sociale. Mais les conditions sont si…

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Les pilules minceur remboursées enfin en France mais le parcours du combattant commence

À partir de ce lundi, les médicaments contre l’obésité comme Wegovy et Mounjaro sont pris en charge par la Sécurité sociale. Mais les conditions sont si strictes que la plupart des patients devront encore sortir le portefeuille.

C’est une petite révolution dans la lutte contre l’obésité. Les célèbres analogues du GLP-1, ces traitements injectables qui font perdre du poids en régulant la glycémie, sont désormais remboursés à 65% par l’Assurance maladie. Mais attention, ce n’est pas pour tout le monde. Seuls les patients souffrant d’obésité massive sans autre maladie associée ou d’obésité sévère avec comorbidités peuvent en bénéficier. Et la première prescription ne peut être faite que par un médecin exerçant dans une structure spécialisée, comme les centres de l’obésité. Ce verrou est intentionnel pour éviter les débordements. Les ordonnances devront être sécurisées, accompagnées d’un formulaire spécifique. Dans les pharmacies, on se prépare à une période de flou. « Il faudra vraiment qu’on s’assure que les ordonnances sont parfaites », confie un pharmacien parisien qui cherche encore à identifier tous les prescripteurs habilités. En clair, le parcours administratif est tellement complexe que la demande ne devrait pas exploser du jour au lendemain.

Un seul changement concret immédiat attendu : les prix de ces médicaments seront désormais identiques partout en France. Jusqu’ici, chaque officine fixait le sien, ce qui créait des disparités. Mais pour les patients déjà sous traitement qui ne rentrent pas dans les critères de remboursement, la note reste entière. Une situation que connaît bien Léa Boulanger, 29 ans, qui débourse 279 euros par mois pour son Mounjaro depuis décembre. Elle a perdu 20 kilos et préfère continuer à payer elle-même pour garder un suivi avec son médecin traitant, sans jugement ni contrainte. « Je préfère avoir mes prescriptions par mon médecin traitant en qui j’ai confiance », explique-t-elle. Une quinzaine de personnes par semaine, dans la pharmacie parisienne citée plus haut, n’hésitent pas à mettre la main au porte-monnaie, preuve que la motivation dépasse souvent les considérations économiques. Les règles du remboursement imposent pourtant un changement de mode de vie : alimentation moins calorique et activité physique accrue. Mais un économiste le dit franchement : impossible de vérifier que les patients suivent vraiment ces consignes à la lettre.

Entre un million de personnes potentiellement éligibles et une estimation prudente du ministère de la Santé, le compte n’y est pas. Le coût pour l’Assurance maladie est tablé à 100 millions d’euros en 2027, alors que le marché de l’obésité en France pèse déjà plus de 150 millions d’euros. Les ventes de Wegovy ont bondi de 23% depuis son lancement en octobre 2024. Et avec l’arrivée de versions en comprimés, la dynamique pourrait s’accélérer. Certains experts se demandent si les autorités françaises ne vont pas favoriser les formes orales pour maîtriser les coûts. Pendant ce temps, les mutuelles réfléchissent à leur rôle. Certaines pourraient proposer une prise en charge élargie, notamment pour les patients non remboursés, histoire de se démarquer. « La page est blanche pour nous en tant que complémentaire santé », confie le directeur études de Harmonie Mutuelle. Des questions éthiques se posent déjà : que faire si un patient arrête son activité physique adaptée ? Faut-il cesser de rembourser le médicament ? Le débat ne fait que commencer.

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