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Les fourmis doivent leur succès aux variations climatiques passées

Elles sont 20 millions de milliards, réparties en 15.000 espèces, et pèsent plus lourd que tous les oiseaux et mammifères sauvages réunis. Une étude…

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Les fourmis doivent leur succès aux variations climatiques passées

Elles sont 20 millions de milliards, réparties en 15.000 espèces, et pèsent plus lourd que tous les oiseaux et mammifères sauvages réunis. Une étude révèle que leur incroyable diversification doit bien plus qu’on ne le pensait aux changements de température et au niveau des mers.

On les croise partout, souvent sans leur prêter attention. Pourtant, les fourmis jouent un rôle colossal dans nos écosystèmes. Elles aèrent les sols en creusant leurs galeries, dispersent les graines et participent au renouvellement des forêts. Apparues il y a 140 millions d’années, elles n’ont cessé d’évoluer pour former aujourd’hui une famille immense. Mais qu’est-ce qui a vraiment poussé ces insectes à se diversifier à ce point ?

Longtemps, les scientifiques ont misé sur une seule explication : l’essor des plantes à fleurs. Ces végétaux, avec leurs 335.000 espèces, offrent aux fourmis nourriture et abris, ce qui aurait favorisé leur multiplication. Une nouvelle étude, publiée dans la revue *Royal Society Open Science* et menée par des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle et du CNRS, vient bousculer ce scénario. En testant plusieurs facteurs environnementaux – plantes à fleurs, plantes à graines nues, température et niveau marin –, les scientifiques ont découvert que les variations climatiques passées ont eu un impact bien plus fort que prévu.

Les résultats montrent que selon les groupes de fourmis, les moteurs de diversification changent. Par exemple, la montée et la baisse des mers ont façonné l’histoire des Solenopsidini, tandis que les variations de température ont favorisé les Heteroponerini. Les plantes à fleurs restent déterminantes pour certains groupes, comme les Leptanillini, mais les facteurs physiques prennent une place inattendue. L’environnement n’est pas une simple question de végétation, rappellent les chercheurs. C’est un mélange complexe où le climat imprime sa marque.

Dans le contexte du dérèglement climatique actuel, ces enseignements sont précieux. Comprendre comment les fourmis ont répondu aux bouleversements passés aide à anticiper leur réaction face aux changements rapides d’aujourd’hui. Et cela oriente les efforts de préservation, car ces petits insectes sont des piliers discrets mais essentiels de la biodiversité.

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