Économie
Le Venezuela ouvre son or noir aux investisseurs privés


Le gouvernement de Caracas a adopté une réforme majeure libéralisant son secteur pétrolier, une décision suivie par un allègement immédiat des sanctions américaines.
Moins d’un mois après la détention de l’ancien président Nicolas Maduro, le Venezuela opère un virage économique significatif. L’Assemblée nationale a approuvé jeudi une révision profonde de la législation sur les hydrocarbures, mettant fin à plusieurs décennies de contrôle étatique prépondérant. Cette refonte, qualifiée d’historique par les autorités, autorise désormais les entreprises privées à exploiter, distribuer et commercialiser des ressources pétrolières sans obligation de partenariat avec la compagnie nationale PDVSA.
L’annonce de cette réforme a été presque immédiatement suivie par une décision de l’administration américaine. Washington a suspendu une partie des sanctions financières imposées depuis 2019, réautorisant les transactions avec PDVSA et les entités qu’elle contrôle. Le président américain a parallèlement évoqué une prochaine réouverture de l’espace aérien vénézuélien aux vols commerciaux, soulignant un réchauffement notable des relations bilatérales.
Le nouveau cadre juridique remplace l’ancien système fiscal complexe par un impôt unique plafonné à 15%, accompagné de redevances maximales de 30% sur les revenus bruts. Il introduit une flexibilité permettant au gouvernement d’ajuster ces taux en fonction de la rentabilité et du calendrier des projets. L’objectif affiché est d’attirer les capitaux nécessaires pour relancer une production aujourd’hui estimée à environ 1,2 million de barils par jour, loin des sommets du début des années 2000.
Cette libéralisation marque une rupture avec le modèle hérité de l’ère Chavez, qui réservait à l’État le rôle d’opérateur majoritaire. Pour ses partisans, elle constitue une étape indispensable pour moderniser une industrie en déclin et générer des devises afin de stabiliser l’économie. Des voix critiques, notamment celle d’un ancien ministre en exil, dénoncent cependant une privatisation accélérée et un recul par rapport aux principes de souveraineté nationale.
Sur le terrain, les travailleurs du secteur espèrent que les investissements étrangers attendus se traduiront par une amélioration de leurs conditions de vie et des salaires. Les observateurs estiment que le retour des compagnies internationales pourrait à terme permettre au Venezuela de retrouver une place notable sur le marché mondial de l’énergie.





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